Relier forces et mouvement

Appliquer le principe d’inertie et sa contraposée, puis interpréter une chute verticale avec ou sans vitesse initiale.

Environ 35 minutes

  • Relier compensation des forces et vecteur vitesse constant
  • Exploiter le principe d’inertie dans les deux sens
  • Distinguer immobilité instantanée et équilibre
  • Analyser une chute libre verticale avec ou sans vitesse initiale
Sommaire
  1. Préciser le modèle avant d’utiliser une loi
  2. Énoncer le principe d’inertie et sa réciproque
  3. Déduire une absence de compensation
  4. Comprendre une chute libre verticale
  5. Tester le modèle avec des observations

Faut-il toujours une force vers l’avant pour continuer à avancer ?

Une trottinette ralentit lorsque l’on cesse de pousser, mais des frottements continuent d’agir. Ce phénomène ne prouve pas qu’une force soit indispensable pour entretenir tout mouvement. Le principe d’inertie permet de relier les forces extérieures à la conservation ou à la variation du vecteur vitesse. Nous travaillerons dans un référentiel adapté et avec un système représenté par un point matériel, en annonçant les simplifications utilisées.

Préciser le modèle avant d’utiliser une loi

Représenter un objet par un point matériel permet d’étudier son déplacement global en négligeant sa forme et sa rotation. Il faut choisir un point représentatif, souvent le centre de masse dans les situations simples. Les forces extérieures sont alors appliquées au point du modèle. Ce choix n’explique pas la rotation d’une roue ni les déformations d’un objet ; une conclusion sur le déplacement global ne doit pas être étendue sans justification à tous ses mouvements internes.

Le principe d’inertie s’emploie dans un référentiel galiléen, c’est-à-dire un référentiel où un système isolé conserve un mouvement rectiligne uniforme. Pour les expériences de courte durée et de faible étendue près du sol, le référentiel terrestre constitue souvent une approximation adaptée. Un wagon qui freine ne doit pas être utilisé sans précaution pour appliquer le même énoncé. Annoncer le référentiel fait donc partie du raisonnement, et non d’un simple détail de présentation.

Le bilan des forces concerne toutes les actions extérieures retenues sur le système : poids, support, fil, frottements ou autres actions selon la situation. Une compensation signifie que leur somme vectorielle est nulle. Deux forces opposées, de même direction et de même valeur, peuvent se compenser lorsqu’elles agissent sur le même système. Deux forces réciproques agissant sur des systèmes différents ne s’annulent pas dans le bilan d’un seul objet.

Vocabulaire

Point matériel :
Modèle qui représente le déplacement global d’un système par un point et néglige notamment sa rotation.
Compensation des forces :
Situation où la somme vectorielle des forces extérieures reçues par le système est nulle.
Mouvement rectiligne uniforme :
Mouvement en ligne droite avec un vecteur vitesse constant.
Chute libre :
Mouvement d’un système soumis seulement à son poids dans le modèle considéré.

Énoncer le principe d’inertie et sa réciproque

Dans un référentiel galiléen, si les forces extérieures exercées sur un point matériel se compensent, son vecteur vitesse reste constant. Le point est alors au repos ou en mouvement rectiligne uniforme. Le repos est le cas particulier d’un vecteur vitesse nul qui reste nul. Un objet peut donc avancer sans force résultante dans le sens de son déplacement : les forces ne servent pas nécessairement à entretenir une vitesse déjà acquise.

Un vecteur vitesse constant correspond à une somme des forces nulle ; si sa valeur diminue en mouvement rectiligne, les forces ne se compensent pas, dans le référentiel d’étude adapté.

La réciproque est également utilisable : si le point est au repos pendant l’intervalle étudié ou possède un mouvement rectiligne uniforme dans ce référentiel, la somme des forces extérieures est nulle. Cette conclusion ne signifie pas que chaque force est nulle. Elle porte sur leur somme. Le poids d’un palet et la force d’un support peuvent rester présents alors que le palet glisse à vitesse constante.

Exemple résolu

Un palet glisse en ligne droite à vitesse constante sur un support horizontal. On retient son poids et l’action verticale du support, avec frottements négligeables. Que peut-on conclure ?

  1. Étape 1 : Choisir le palet comme système ponctuel et le référentiel terrestre supposé adapté.
  2. Étape 2 : Le mouvement observé est rectiligne uniforme : son vecteur vitesse est constant.
  3. Étape 3 : Par le principe d’inertie, la somme des forces reçues est nulle.
  4. Étape 4 : Avec les deux seules actions retenues, le support compense le poids : valeurs égales, directions identiques et sens opposés.

Résultat : Le palet avance alors que ses forces se compensent ; aucune force horizontale résultante n’est nécessaire dans ce modèle.

Piège à éviter : Ajouter une force de mouvement vers l’avant invente une action sans acteur extérieur identifié.

À toi d'essayer

Un objet est au repos sur une table horizontale pendant plusieurs secondes. Son poids est-il nul ?

Voir la réponse

Non. Le poids agit vers le bas ; dans le modèle à deux forces, le support exerce une force opposée qui le compense. C’est la somme des forces qui est nulle, pas chacune d’elles.

Déduire une absence de compensation

La contraposée fournit un raisonnement très utile : si le vecteur vitesse varie, les forces extérieures ne se compensent pas. Le vecteur peut varier par sa valeur, sa direction ou son sens. Un mobile qui ralentit sur une droite ne possède pas un vecteur vitesse constant. Il en va de même d’un mobile qui parcourt un cercle à rapidité constante : même si la valeur ne change pas, la direction de la vitesse tourne.

Exemple résolu

Un mobile parcourt un cercle à vitesse constante en valeur. Peut-on conclure que les forces se compensent ?

  1. Étape 1 : La trajectoire est circulaire, pas rectiligne.
  2. Étape 2 : La vitesse est dirigée suivant la tangente au cercle ; sa direction change d’une position à l’autre.
  3. Étape 3 : Le vecteur vitesse varie donc même si sa longueur reste constante.
  4. Étape 4 : Par contraposée du principe d’inertie, la somme des forces n’est pas nulle dans le référentiel galiléen d’étude.

Résultat : Les forces ne se compensent pas. La constance de la rapidité ne suffit pas pour appliquer la conclusion du mouvement rectiligne uniforme.

Piège à éviter : Lire vitesse constante comme vecteur vitesse constant oublie que la direction fait partie du vecteur.

Inversement, une somme des forces non nulle indique que le vecteur vitesse ne reste pas constant. Cela ne signifie pas forcément que la rapidité augmente : elle peut diminuer, la direction peut changer, ou plusieurs caractéristiques peuvent varier ensemble. À ce niveau, on utilise le lien qualitatif entre action résultante et variation du vecteur vitesse ; on ne confond pas le sens du mouvement avec celui d’une force.

Vers le bac : choisir le sens du raisonnement

  1. Si le mouvement est donné, préciser si le vecteur vitesse est constant ou variable.
  2. Si le bilan des forces est donné, rechercher leur somme vectorielle.
  3. Utiliser le principe, sa réciproque ou sa contraposée en annonçant le référentiel.
  4. Conclure seulement sur ce qui est déductible ; une somme nulle ne révèle pas la valeur initiale de la vitesse.

À toi d'essayer

Dans un référentiel galiléen, un chariot occupe x = 0 ; 0,20 ; 0,40 m aux dates 0 ; 0,10 ; 0,30 s. Un élève conclut que les forces se compensent parce que les positions sont régulièrement espacées. Son raisonnement est-il valable ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Comprendre une chute libre verticale

Dans le modèle de la chute libre près du sol, le système n’est soumis qu’à son poids, dirigé vers le bas. On néglige l’action de l’air ; la chute réelle n’est pas automatiquement libre. Une feuille de papier ou un parachute ne sont généralement pas décrits correctement par ce seul bilan. Pour une petite balle dense et sur une durée limitée, l’approximation peut être pertinente ; elle doit être discutée à partir de l’expérience.

Modèle avec g = 9,8 N/kg : les distances depuis le départ valent 0 ; 0,049 ; 0,196 m et la vitesse augmente vers le bas. Les flèches vitesse ont une échelle commune.

Une balle lâchée sans vitesse initiale possède d’abord une vitesse nulle, puis sa vitesse se dirige vers le bas et sa valeur augmente. Son poids n’est pas compensé. Sur une chronophotographie à intervalles égaux, les distances entre positions successives augmentent. Compare les distances mesurées à celles du modèle pour discuter si l’action de l’air est négligeable dans les conditions de l’expérience.

Exemple résolu

Une balle lancée verticalement vers le haut atteint un sommet puis redescend. Pendant le vol, on néglige l’air. Quelle force reçoit-elle au sommet, où sa vitesse s’annule momentanément ?

  1. Étape 1 : Le système est la balle après la perte de contact avec la main.
  2. Étape 2 : La main ne continue plus d’agir ; dans le modèle, seule la Terre exerce le poids vers le bas.
  3. Étape 3 : Au sommet, le vecteur vitesse est nul à un instant, mais ne reste pas nul sur un intervalle.
  4. Étape 4 : Le poids est toujours non nul ; la vitesse passe d’une orientation vers le haut à une orientation vers le bas.

Résultat : Au sommet, la balle reçoit encore son poids vers le bas. L’annulation instantanée de sa vitesse ne constitue pas un équilibre.

Piège à éviter : Appliquer la réciproque de l’inertie à un seul instant de vitesse nulle confond immobilité durable et arrêt instantané.

Lors de la montée, la vitesse est orientée vers le haut alors que le poids est dirigé vers le bas : la rapidité diminue. Lors de la descente, vitesse et poids sont vers le bas et la rapidité augmente. Le poids ne change pas de sens au sommet. La même action peut donc accompagner deux évolutions opposées de la rapidité selon la vitesse initiale. Une force ne pointe pas nécessairement dans le sens du mouvement.

À toi d'essayer

Une balle est lancée vers le bas plutôt que lâchée. Son mouvement peut-il être qualifié de chute libre si l’air est négligé ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Tester le modèle avec des observations

Pour exploiter une vidéo, fixe la caméra, place un étalon de longueur dans le plan du mouvement et repère les positions d’un même point à des dates connues. On peut estimer les vecteurs vitesse avec des positions voisines et les tracer à une échelle commune. Une évolution des flèches met alors en évidence une variation du vecteur vitesse. L’analyse doit distinguer les positions mesurées, les vitesses estimées et l’interprétation par les forces.

La précision dépend du pointage, de l’étalonnage et de l’intervalle entre images. Répéter des pointages permet d’observer la dispersion ; une caméra mobile ou un effet de perspective peut introduire un écart systématique. On compare donc le modèle à plusieurs données cohérentes plutôt qu’à une seule différence. Si une balle descend ensuite à rapidité constante sur une droite, les forces se compensent : le modèle où seul le poids agit n’est plus suffisant, car l’air doit notamment être considéré.

Attention :

Pour une expérience de chute, utilise la hauteur, l’objet et la zone dégagée prévus par le professeur. Ne laisse pas tomber d’objet lourd près d’une personne et ne réalise pas de lancer vers un visage.

Bilan des raisonnements

ObservationDéduction dans un référentiel adapté
Vecteur vitesse constantSomme des forces nulle.
Vecteur vitesse variableSomme des forces non nulle.
Vitesse nulle à un instantAucune conclusion d’équilibre sans examiner un intervalle.
Chute libreSeul le poids est retenu, indépendamment du sens initial de la vitesse.

À retenir

  • Le principe d’inertie relie somme des forces nulle et vecteur vitesse constant.
  • Une trajectoire courbe peut correspondre à une rapidité constante mais à un vecteur variable.
  • Une chute libre n’exclut pas une vitesse initiale, même vers le haut.

Fiche de révision

Pour raisonner, vérifie d’abord système ponctuel et référentiel, puis choisis entre analyse du mouvement et bilan des forces.

Pour réfuter une compensation, cherche une modification de direction, de sens ou de valeur du vecteur vitesse.

Au sommet d’un lancer vertical, distingue v = 0 à un instant et repos durable ; le poids continue d’agir.

Questions fréquentes

Pourquoi une trottinette finit-elle par s’arrêter ?

Des forces résistantes ne sont plus compensées lorsque la poussée cesse. Le ralentissement est compatible avec le principe d’inertie.

Le poids s’annule-t-il en chute libre ?

Non. Dans le modèle de la chute libre, le poids est précisément la seule force retenue.

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