Émettre et percevoir un son

Étudier émission, propagation et perception d’un son, calculer période, fréquence et vitesse, puis lire un niveau sonore.

Environ 35 minutes

  • Expliquer le rôle d’une source vibrante et du milieu matériel
  • Déterminer une fréquence à partir d’une période
  • Distinguer hauteur, timbre et niveau sonore
  • Exploiter une mesure de retard et identifier des moyens de prévention
Sommaire
  1. De l’objet vibrant au signal sonore
  2. Mesurer une vitesse de propagation
  3. Lire un signal périodique et calculer sa fréquence
  4. Distinguer hauteur, timbre et niveau sonore
  5. Lire une échelle et préparer une expérience

Pourquoi entend-on une corde de guitare et pourquoi le même son ne traverse-t-il pas le vide ?

Un son est associé à une vibration qui se propage dans un milieu matériel. Son émission, son déplacement et sa perception sont trois phénomènes à distinguer. Une représentation temporelle permet de mesurer une période ; la fréquence renseigne sur la hauteur. Nous examinerons aussi le rôle de l’amplitude et du timbre, afin de ne pas confondre un son aigu avec un son fort.

De l’objet vibrant au signal sonore

Une source sonore est un objet qui vibre : corde, membrane de haut-parleur ou branches d’un diapason. Cette vibration met en mouvement le milieu voisin et peut produire une perturbation qui se propage. Dans l’air, les variations locales de pression se transmettent de proche en proche. Le déplacement d’ensemble de l’air depuis la source jusqu’à l’oreille n’est pas le mécanisme de propagation : les particules du milieu oscillent localement.

Une caisse de résonance facilite le transfert de l’énergie de la vibration vers l’air. Une corde seule peut vibrer sans émettre un son très intense ; associée au corps d’un instrument, elle met en vibration une surface qui communique plus efficacement avec l’air. La caisse ne crée pas la fréquence à partir de rien. Son rôle dans le rayonnement et la modification du son dépend du dispositif, ce qui contribue au caractère sonore de l’instrument.

Une chaîne de mesure distingue source, capteur et acquisition. Le microphone transforme les variations de pression en signal électrique ; l’appareil d’acquisition ou le logiciel enregistre ce signal au cours du temps. La courbe affichée représente un signal mesuré, pas le trajet d’une particule d’air. L’axe horizontal est temporel ; la grandeur verticale dépend du capteur et de son réglage, par exemple une tension électrique.

Vocabulaire

Signal sonore :
Perturbation liée à une vibration qui se propage dans un milieu matériel.
Période :
Plus petite durée au bout de laquelle un motif identique se répète pour un signal périodique.
Fréquence :
Nombre de périodes par seconde, exprimé en hertz.
Caisse de résonance :
Partie d’un instrument qui participe à la vibration et facilite le rayonnement du son.

Mesurer une vitesse de propagation

Le son se propage dans des gaz, des liquides et des solides. Il ne se propage pas dans le vide, car il a besoin d’un milieu matériel. Sa vitesse dépend du milieu et des conditions, notamment de la température dans l’air. Une valeur approchée dans l’air à température ambiante est 340 m/s. La lumière se propage dans l’air à une vitesse beaucoup plus grande ; cela explique que l’on puisse voir un phénomène avant d’en entendre le bruit.

Le son atteint M₂ après M₁. Avec un retard de 2,0 ms pour 0,68 m, la vitesse vaut 340 m/s dans ce modèle de mesure.

Exemple résolu

Une source puis deux microphones M₁ et M₂ sont alignés dans cet ordre. Les microphones sont séparés de 0,68 m. Le même signal atteint le second avec un retard de 2,0 ms. Calculer sa vitesse de propagation.

  1. Étape 1 : Le retard correspond au trajet supplémentaire entre les microphones, et non à toute la distance depuis la source.
  2. Étape 2 : Convertir : 2,0 ms = 0,0020 s.
  3. Étape 3 : Appliquer v = d/Δt = 0,68/0,0020 = 340 m/s.
  4. Étape 4 : Comparer à l’ordre de grandeur attendu pour l’air à température ambiante.

Résultat : La vitesse obtenue est 3,4 × 10² m/s, cohérente avec la valeur approchée dans l’air.

Piège à éviter : Garder la durée en millisecondes dans le quotient donne une valeur en mètres par milliseconde ; il faut convertir avant de conclure en m/s.

Pour réaliser cette mesure, on enregistre les deux signaux avec une base de temps commune et on repère le même événement. Un bruit bref peut être plus facile à reconnaître qu’un signal répétitif, pour lequel plusieurs motifs se ressemblent. Les microphones doivent être alignés selon le trajet étudié ; sinon, la différence de distances à la source n’est pas égale à leur simple séparation. Répéter la mesure permet d’apprécier la dispersion du retard.

À toi d'essayer

Un écho revient 0,30 s après l’émission. Avec v = 340 m/s, à quelle distance se trouve la paroi, si le son revient par le même trajet ?

Voir la réponse

Le son parcourt un aller-retour : 2d = v × Δt = 340 × 0,30 = 102 m. La paroi est donc à d = 51 m. Le retard ne correspond pas à un trajet simple.

Lire un signal périodique et calculer sa fréquence

Un signal périodique reproduit le même motif à intervalles réguliers. Sa période T s’exprime en secondes. La fréquence f est reliée à la période par f = 1/T et s’exprime en hertz, de symbole Hz. Une fréquence de 500 Hz signifie 500 périodes par seconde. Plus la période est courte, plus la fréquence est grande. Les deux grandeurs ne sont donc pas proportionnelles mais inverses l’une de l’autre.

Le motif se répète toutes les 2 ms : f = 1/T = 500 Hz. La période est repérée entre deux maxima successifs.

Exemple résolu

Sur un enregistrement, cinq périodes occupent une durée totale de 10 ms. Déterminer la période et la fréquence.

  1. Étape 1 : Compter cinq intervalles entre des points identiques du motif, par exemple cinq écarts entre maxima successifs.
  2. Étape 2 : Diviser la durée totale par le nombre de périodes : T = 10/5 = 2,0 ms.
  3. Étape 3 : Convertir T = 0,0020 s.
  4. Étape 4 : Calculer f = 1/0,0020 = 500 Hz.

Résultat : La période vaut 2,0 ms et la fréquence vaut 500 Hz.

Piège à éviter : Cinq maxima ne délimitent que quatre périodes entre le premier et le dernier : il faut compter les intervalles, pas seulement les sommets.

Mesurer plusieurs périodes réduit l’influence relative d’une petite erreur de lecture sur les dates. Le résultat dépend toutefois de la précision de la base de temps, de la qualité du signal et du choix des points repères. Un signal bruité ne devient pas parfaitement périodique parce que l’on relie ses points. Il faut examiner une portion suffisante de l’enregistrement et vérifier que le motif se répète réellement.

Vers le bac : exploiter une représentation temporelle

  1. Lire les unités de l’axe temporel et identifier un motif qui se répète.
  2. Choisir deux points de même phase séparés par plusieurs périodes.
  3. Calculer T en divisant la durée par le nombre d’intervalles, puis convertir en secondes.
  4. Calculer f = 1/T et justifier la cohérence entre période courte et fréquence élevée.

À toi d'essayer

Un signal a une période de 2,5 ms. Déterminer sa fréquence.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Distinguer hauteur, timbre et niveau sonore

La hauteur est la perception associée principalement à la fréquence d’un son périodique. À conditions comparables, une fréquence plus élevée correspond à un son plus aigu ; une fréquence plus faible, à un son plus grave. Le domaine d’audition humaine est souvent situé approximativement entre 20 Hz et 20 kHz, mais les limites varient selon les personnes et les conditions. Les infrasons se situent sous ce domaine et les ultrasons au-dessus.

Le timbre permet de distinguer deux instruments jouant une même note. Deux signaux peuvent avoir la même période et des formes différentes : leur hauteur peut être identique alors que leur timbre diffère. Un signal sinusoïdal représente un son pur idéal. Un signal périodique de forme plus complexe peut représenter un son composé. Le dessin de la courbe dépend aussi du capteur ; on compare donc les signaux avec une même chaîne de mesure et des réglages cohérents.

L’amplitude décrit l’importance des variations du signal. À fréquence et dispositif comparables, une amplitude plus grande correspond généralement à une intensité sonore plus élevée. Le niveau d’intensité sonore s’exprime en décibels, de symbole dB, et son échelle n’est pas linéaire : doubler un nombre de décibels ne signifie pas doubler l’intensité. Le niveau est une mesure physique ; le volume ressenti dépend aussi de la fréquence et de l’auditeur.

Exemple résolu

On compare trois signaux mesurés dans les mêmes conditions. A et B sont sinusoïdaux de fréquence 500 Hz, B ayant une amplitude plus grande. C a une période de 1,0 ms. Comparer leur hauteur et ce qu’on peut dire du niveau.

  1. Étape 1 : A et B ont la même fréquence : ils ont la même hauteur dans ce modèle de son pur.
  2. Étape 2 : L’amplitude plus grande de B indique une intensité plus élevée dans les conditions comparables de mesure.
  3. Étape 3 : Pour C, f = 1/0,0010 = 1 000 Hz : il est plus aigu que A et B.
  4. Étape 4 : La seule fréquence de C ne donne ni son amplitude ni son niveau sonore.

Résultat : B est plus intense que A sans être plus aigu ; C est plus aigu, mais son niveau n’est pas déterminé par les données.

Piège à éviter : Confondre aigu et fort associe à la fréquence une information qui relève notamment de l’intensité.

Lire une échelle et préparer une expérience

Une table d’étude peut indiquer des intensités relatives 1, 10 et 100 associées respectivement à 50, 60 et 70 dB. On lit alors qu’un accroissement identique de 10 dB correspond ici à une multiplication identique de l’intensité, pas à une addition constante de celle-ci. Cette lecture illustre une échelle non linéaire ; elle ne fournit pas une durée d’exposition sûre. Le risque auditif dépend notamment du niveau et de la durée d’exposition.

Pour limiter l’exposition, on peut réduire le niveau à la source, s’éloigner et faire des pauses dans le calme. Une mesure par un appareil non étalonné reste indicative ; on ne s’en sert pas pour certifier l’absence de risque. En classe, on enregistre des sons à niveau modéré et on évite les bruits impulsifs près de l’oreille. Un microcontrôleur peut commander un émetteur sonore à une fréquence choisie ; l’expérience doit vérifier la période du signal produit plutôt que supposer que le réglage suffit à la prouver.

À toi d'essayer

Un son est au-delà de 20 kHz et n’est pas entendu par un élève. Peut-on conclure qu’il ne transporte pas d’énergie ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Bilan des raisonnements

GrandeurInformation
FréquenceHauteur d’un son périodique.
Forme du motifInformation sur le timbre.
Amplitude et intensitéImportance physique du signal, à conditions comparables.
Niveau en dBÉchelle non linéaire à interpréter avec le contexte et la durée.

À retenir

  • La propagation d’un son exige un milieu matériel.
  • La fréquence est l’inverse de la période exprimée en secondes.
  • Hauteur, timbre et niveau sonore décrivent des propriétés différentes.

Fiche de révision

Pour une mesure de vitesse, déterminer quelle distance correspond exactement au retard : différence de trajets ou aller-retour.

Pour une fréquence, compter les périodes entre repères identiques, convertir la durée en secondes puis inverser.

Pour comparer deux sons, examiner séparément période, forme et amplitude ; une même note peut avoir plusieurs timbres.

Questions fréquentes

Le son se propage-t-il dans le vide ?

Non. Il repose sur les interactions d’un milieu matériel ; la lumière peut, elle, se propager dans le vide.

Une fréquence élevée indique-t-elle un niveau élevé ?

Non. La fréquence renseigne sur la hauteur ; un son aigu peut être faible ou intense.

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