Résoudre graphiquement et modéliser
Un graphique propose des réponses ; comment les lire, les vérifier et les relier aux contraintes d’un problème ?
Environ 40 minutes
- Résoudre graphiquement équations et inéquations.
- Comparer deux fonctions en respectant leur domaine commun.
- Construire et valider un modèle d’optimisation simple.
Un graphique propose des réponses ; comment les lire, les vérifier et les relier aux contraintes d’un problème ?
Résoudre graphiquement signifie traduire une égalité ou une inégalité en position de points sur des courbes. Modéliser signifie choisir des variables et des relations pour représenter une situation. Nous allons combiner ces deux démarches, puis rechercher une aire maximale. Tu utiliseras les images, les antécédents, les équations et les variations. Nous distinguerons systématiquement une lecture approchée, une conjecture issue d’un tableau numérique et une conclusion exacte justifiée par le calcul.
Résoudre une équation ou une inéquation avec un niveau
Pour résoudre f(x) = k sur un domaine D, on cherche les abscisses des intersections de la courbe de f avec la droite horizontale y = k. Les ordonnées de ces points sont déjà connues : elles valent k. La réponse porte sur leurs abscisses. Il faut regarder toute la partie de courbe correspondant au domaine pour ne pas oublier une intersection. Un résultat lu entre deux graduations est approché, même si la valeur obtenue paraît simple.
Pour f(x) ≤ k, on conserve les abscisses des points situés sous la droite y = k ou sur elle. Avec f(x) < k, on exclut les intersections puisque l’égalité n’est pas autorisée. On projette donc des portions de courbe sur l’axe horizontal pour obtenir un ou plusieurs intervalles. On ne donne pas un intervalle d’ordonnées : l’inconnue reste la variable d’entrée. Les extrémités du domaine doivent être traitées en même temps que les intersections.
Exemple résolu
Pour f(x) = (x − 1)² sur [−2 ; 4], résoudre f(x) = 4 puis f(x) ≤ 4.
- Étape 1 : La droite y = 4 coupe la parabole près des abscisses −1 et 3. Le calcul confirme : (x − 1)² = 4 donne x − 1 = −2 ou x − 1 = 2.
- Étape 2 : Les deux abscisses sont donc exactement −1 et 3, toutes deux dans le domaine.
- Étape 3 : Pour l’inégalité, (x − 1)² − 4 = (x + 1)(x − 3) est négatif ou nul entre ces deux racines, avec les bornes incluses.
Résultat : L’équation a pour solutions {−1 ; 3}. L’inéquation a pour ensemble de solutions [−1 ; 3].
Piège à éviter : Répondre 4 à l’équation confondrait le niveau imposé avec les entrées recherchées.
Un graphique ne montre qu’une fenêtre. Si la courbe continue hors du cadre et que le domaine est plus grand, on ne peut pas affirmer avoir toutes les solutions sur la seule partie visible. On adapte alors la fenêtre ou on utilise la formule pour étudier les zones absentes. À l’inverse, si le domaine demandé est [−2 ; 4], on ne conserve pas des solutions trouvées en dehors de cet intervalle, même si la formule y reste calculable.
À toi d'essayer
La formule est f(x) = (x − 1)² sur [−2 ; 4]. Pour l’équation f(x) = 3, peut-on reprendre exactement les deux abscisses du niveau 4 ? Donne plutôt les solutions exactes.
Voir la réponseMasquer la réponse
Non, changer le niveau change les intersections. On résout (x − 1)² = 3 : x = 1 − √3 ou x = 1 + √3. Les deux solutions sont dans [−2 ; 4]. Elles valent approximativement −0,73 et 2,73.
Comparer deux fonctions dans un même repère
Pour résoudre f(x) = g(x), on cherche les abscisses des points communs aux deux courbes. On compare bien deux images pour la même entrée. Pour f(x) < g(x), on garde les abscisses où la courbe de f se situe sous celle de g. Une courbe peut être au-dessus de l’axe horizontal tout en restant sous l’autre courbe : le signe de f ne suffit donc pas pour la comparaison. Le calcul exact consiste souvent à étudier le signe de la différence f(x) − g(x).
Exemple résolu
Deux coûts sont définis pour x ≥ 0 par P(x) = 3 + 2x et Q(x) = 6 + x. Déterminer quand P(x) ≤ Q(x).
- Étape 1 : Les droites se rencontrent pour une entrée qui se lit 3. On vérifie en résolvant 3 + 2x = 6 + x : x = 3.
- Étape 2 : On calcule P(x) − Q(x) = x − 3. La condition P(x) ≤ Q(x) équivaut donc à x − 3 ≤ 0.
- Étape 3 : On obtient x ≤ 3, puis on conserve x ≥ 0 et on inclut l’égalité en 3.
Résultat : P(x) ≤ Q(x) pour x ∈ [0 ; 3]. Le coût commun à la frontière vaut 9.
Piège à éviter : La réponse ]−∞ ; 3] oublierait la contrainte x ≥ 0 du modèle.
Lorsque des données mesurées sont fournies, une intersection graphique ne devient pas automatiquement exacte parce qu’elle paraît avoir une abscisse entière. On annonce la précision de lecture et on utilise la formule seulement si elle est donnée ou justifiée. Si un modèle affine est choisi à partir de deux mesures, sa comparaison décrit d’abord ce modèle. Elle n’établit pas que le phénomène réel suit exactement les mêmes droites pour toutes les valeurs.
À toi d'essayer
Deux courbes ont une intersection lue près de 2,4 sur une graduation au dixième. Un élève écrit x = 2,400000. Que faut-il corriger dans sa conclusion ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Construire la fonction à optimiser
Un problème d’optimisation cherche à rendre une quantité aussi grande ou aussi petite que possible parmi les situations autorisées. On commence par définir une variable avec son unité et son domaine. On exprime ensuite les autres grandeurs en fonction de cette variable, puis la quantité à optimiser. Une figure peut aider à identifier les relations. Les contraintes restent actives jusqu’à la réponse : un maximum calculé pour une valeur impossible ne résout pas le problème.
Considérons un rectangle de périmètre 20 m. Si sa largeur est x et sa longueur y, alors 2x + 2y = 20, donc y = 10 − x. Pour avoir un véritable rectangle, x > 0 et y > 0, ce qui impose 0 < x < 10. Son aire vaut A(x) = xy = x(10 − x), en mètres carrés. Les valeurs 0 et 10 servent parfois à comprendre une fermeture du domaine sur le dessin, mais elles correspondent à une figure aplatie et ne sont pas admises ici.
Un tableau de quelques aires peut suggérer que la meilleure largeur est proche de 5. Cela n’exclut pas une largeur intermédiaire plus efficace : un maillage ne visite qu’un nombre fini de possibilités. Pour établir un maximum exact, on cherche une écriture qui compare directement l’aire à une borne. Ici x(10 − x) = 25 − (x − 5)². Comme un carré est positif ou nul, aucune aire ne dépasse 25. Reste à vérifier que cette valeur est effectivement atteinte dans le domaine.
Exemple résolu
Avec un périmètre de 20 m, déterminer les dimensions du rectangle d’aire maximale et justifier le résultat.
- Étape 1 : La modélisation donne A(x) = x(10 − x), pour 0 < x < 10.
- Étape 2 : On transforme A(x) = 25 − (x − 5)². Le carré étant positif ou nul, A(x) ≤ 25 pour toute largeur autorisée.
- Étape 3 : L’égalité est obtenue exactement pour x = 5. Cette valeur est dans le domaine et l’autre dimension vaut 10 − 5 = 5.
Résultat : Le rectangle optimal est un carré de côté 5 m. Son aire maximale est 25 m².
Piège à éviter : Annoncer seulement x = 5 oublie de donner l’autre dimension et l’aire maximale avec leurs unités.
Confronter le calcul, le graphique et le contexte
L’égalité A(x) = 25 − (x − 5)² fournit aussi une information de comparaison : plus la largeur s’éloigne de 5, plus le carré soustrait est grand et plus l’aire diminue. Deux largeurs situées à la même distance de 5 donnent la même aire. Cette symétrie explique la courbe. Elle vient du fait qu’échanger largeur et longueur ne change pas le rectangle. Le dessin soutient donc une interprétation géométrique que le calcul a établie exactement.
Vers le bac : résoudre un problème de modélisation
- Nommer la variable et écrire toutes les contraintes avant de chercher une formule.
- Construire la relation ou la fonction, avec les unités et le domaine admissible.
- Explorer par un graphique ou un tableau en précisant ce que la lecture permet de conjecturer.
- Justifier le résultat exact par une équation, une étude de signe ou une comparaison à une borne.
- Vérifier que la solution est réalisable puis répondre avec les grandeurs concrètes demandées.
En Python, un balayage de l’aire peut partir d’une largeur positive, avancer d’un pas fixé et conserver la meilleure valeur rencontrée. Pour limiter les erreurs d’arrondi dans les entrées, on peut utiliser un compteur entier k puis poser x = k/100. On ne visite alors que des centièmes de mètre. Une valeur maximale observée sur ce maillage est un indice, pas une preuve universelle. Le raisonnement par le carré, lui, compare l’aire à 25 pour toutes les largeurs réelles admissibles.
On peut aussi modifier les contraintes après l’étude initiale. Si la largeur doit être au plus égale à 4 m, la valeur 5 n’est plus admissible. Il faut alors chercher la meilleure aire parmi les largeurs de ]0 ; 4], en utilisant la croissance de A jusqu’à 5 ou une comparaison des distances à 5. Le résultat optimal dépend donc du domaine autant que de la formule. Cette étape de relecture du contexte protège contre une réponse juste à un problème différent.
À toi d'essayer
Le même rectangle de périmètre 20 m doit avoir une largeur x au plus égale à 4 m. Détermine les dimensions donnant la plus grande aire et justifie par une distance à 5.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Organiser une réponse contrôlable
Vocabulaire
- Résolution graphique :
- Recherche d’entrées à partir d’intersections ou de positions relatives de courbes.
- Modélisation :
- Choix de variables et de relations pour représenter une situation.
- Optimisation :
- Recherche d’une valeur extrême parmi les situations admissibles.
- Conjecture :
- Résultat suggéré par une exploration et restant à justifier.
Bilan des méthodes
| Tâche | Traduction graphique ou algébrique |
|---|---|
| f(x) = k | Intersections avec une horizontale. |
| f(x) < g(x) | Courbe de f sous celle de g. |
| Aire maximale | Comparer toutes les aires à une borne atteinte. |
| Nouvelle contrainte | Réduire le domaine et reprendre la conclusion. |
À retenir
- Les solutions graphiques sont des abscisses et doivent respecter le domaine.
- Une lecture approchée se distingue d’une égalité prouvée par calcul.
- Modéliser impose variables, unités, relations et contraintes.
- Optimiser demande une borne pour toutes les situations autorisées et une situation qui l’atteint.
Fiche de révision
Niveau horizontal pour f(x) = k ; intersections de deux courbes pour f(x) = g(x).
Contrôle des frontières
égalité autorisée, valeur interdite ou borne du domaine ?
Une forme constante moins un carré peut donner directement un maximum.
Une contrainte nouvelle peut déplacer l’optimum : reprendre le domaine avant de réutiliser la réponse.
Questions fréquentes
Le meilleur résultat d’un tableau numérique est-il forcément le maximum exact ?
Non. Des valeurs non testées peuvent donner mieux. Il faut une justification valable pour toutes les entrées du domaine, ou annoncer seulement une approximation.
Et maintenant ?
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