Prouver alignement et parallélisme

La colinéarité transforme une question d’alignement ou de parallélisme en calcul exact.

Environ 40 minutes

  • Choisir des vecteurs adaptés à un alignement ou à un parallélisme.
  • Tester leur colinéarité avec le déterminant.
  • Résoudre une condition géométrique portant sur une coordonnée inconnue.
Sommaire
  1. 1. Choisir les bons vecteurs
  2. 2. Le déterminant : un test sans quotient
  3. 3. Prouver un alignement
  4. 4. Prouver un parallélisme et distinguer les droites
  5. 5. Vers le bac : une preuve organisée

Une figure presque droite suffit-elle à démontrer un alignement ?

La colinéarité transforme une question d’alignement ou de parallélisme en calcul exact. Tu apprendras à choisir les vecteurs adaptés, à utiliser le déterminant et à retrouver une coordonnée inconnue sans confondre une droite avec un segment.

1. Choisir les bons vecteurs

Un dessin peut suggérer que des points sont alignés ou que deux droites sont parallèles. Il ne constitue pas une preuve : le tracé peut être imprécis ou manquer de détails. Le calcul vectoriel transforme ces observations en conditions exactes. La propriété centrale est la colinéarité. Deux vecteurs non nuls sont colinéaires lorsqu’ils ont la même direction ; leurs sens et leurs longueurs peuvent être différents.

Si u⃗ est non nul, les vecteurs u⃗ et v⃗ sont colinéaires si et seulement s’il existe un réel k tel que v⃗ = k u⃗. Un coefficient positif conserve le sens, un coefficient négatif l’inverse. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur ; l’égalité 0⃗ = 0u⃗ le confirme. En revanche, si u⃗ est nul et v⃗ non nul, on ne peut pas écrire v⃗ = k u⃗. Il faut donc préciser quel vecteur est choisi comme référence non nulle.

Vocabulaire

Colinéaires :
Vecteurs de même direction lorsqu’ils sont non nuls ; le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.
Vecteur directeur :
Vecteur non nul dont la direction est celle d’une droite.
Déterminant :
Nombre calculé à partir de deux vecteurs, dont la nullité caractérise leur colinéarité.

Pour étudier l’alignement de A, B et C avec A différent de B, on compare →AB et →AC. Le choix d’une même origine rend l’interprétation directe : C appartient à la droite passant par A et B si le déplacement vers C suit sa direction. Pour étudier deux droites (AB) et (CD), avec A différent de B et C différent de D, on compare leurs vecteurs directeurs →AB et →CD. Utiliser →AC à la place du second changerait la question.

2. Le déterminant : un test sans quotient

Pour u⃗ = (x ; y) et v⃗ = (x′ ; y′), on définit det(u⃗, v⃗) = xy′ − yx′. Les deux vecteurs sont colinéaires si et seulement si ce déterminant est nul. Il faut effectuer les deux produits avant la soustraction. Cette méthode fonctionne même quand une coordonnée est nulle, alors que les comparaisons de quotients risquent de conduire à une division par zéro.

Pourquoi un multiple donne-t-il un déterminant nul ? Si v⃗ = k u⃗, on a x′ = kx et y′ = ky. Alors xy′ − yx′ = xky − ykx = 0. Réciproquement, si le déterminant est nul et x est non nul, on pose k = x′/x : l’égalité xy′ = yx′ donne y′ = ky. Si x est nul mais y non nul, la même démarche utilise y. Si u⃗ est nul, la colinéarité est déjà assurée.

Exemple résolu

u⃗ = (2 ; −3) et v⃗ = (−6 ; 9). Démontrer qu’ils sont colinéaires par deux méthodes.

  1. Étape 1 : Calculer le déterminant dans un ordre fixé : 2 × 9 − (−3) × (−6) = 18 − 18 = 0.
  2. Étape 2 : Le déterminant étant nul, les vecteurs sont colinéaires.
  3. Étape 3 : Pour contrôler autrement, chercher k avec −6 = 2k ; on obtient k = −3.
  4. Étape 4 : Vérifier la seconde coordonnée : (−3) × (−3) = 9. Ainsi v⃗ = −3u⃗.

Résultat : Les vecteurs sont colinéaires et de sens opposés.

Piège à éviter : Un seul rapport égal à −3 ne suffit pas ; le même coefficient doit convenir aux deux coordonnées.

À toi d'essayer

Les vecteurs u⃗ = (0 ; 4) et v⃗ = (0 ; −7) sont-ils colinéaires ? Justifie sans diviser par zéro.

Voir la réponse

Le déterminant vaut 0 × (−7) − 4 × 0 = 0. Les vecteurs sont colinéaires ; on peut aussi écrire v⃗ = −7/4 u⃗.

Inverser l’ordre des deux vecteurs change le signe du déterminant, mais pas sa nullité. Un résultat non nul, même très petit, suffit à réfuter la colinéarité si les données sont exactes. Pour des coordonnées issues de mesures, un résultat approché appelle davantage de prudence : une tolérance choisie par un logiciel ne transforme pas une observation en preuve géométrique.

3. Prouver un alignement

A(1 ; 1), B(3 ; 3), C(6 ; 6) : →AC = 2,5 →AB, ce qui prouve leur alignement.

Trois points sont alignés lorsqu’ils appartiennent à une même droite. Si A et B sont distincts, →AB donne une direction de cette droite. Il suffit de montrer que →AC est colinéaire à →AB. On calcule d’abord les différences de coordonnées, puis le déterminant. Si le résultat est nul, on conclut à l’alignement en citant la propriété ; si le résultat est non nul, on conclut que les points ne sont pas alignés.

Exemple résolu

A(1 ; 1), B(3 ; 3), C(6 ; 6). Prouver l’alignement et préciser si C est dans le segment [AB].

  1. Étape 1 : A et B sont distincts ; la droite (AB) est donc définie. Calculer →AB = (2 ; 2) et →AC = (5 ; 5).
  2. Étape 2 : Le déterminant vaut 2 × 5 − 2 × 5 = 0, donc les vecteurs sont colinéaires.
  3. Étape 3 : On a plus précisément →AC = 2,5 →AB. Le coefficient est supérieur à 1.
  4. Étape 4 : Le point C se situe dans le même sens que B à partir de A, mais au-delà de B.

Résultat : A, B et C sont alignés ; C n’appartient pas à [AB].

Piège à éviter : L’alignement ne prouve pas l’appartenance au segment : il faut aussi situer le point entre les extrémités.

Dans une relation →AM = k→AB, les valeurs de k donnent la position de M : pour k entre 0 et 1, M appartient à [AB] ; pour k négatif, il est de l’autre côté de A ; pour k supérieur à 1, il est au-delà de B. Les bornes k = 0 et k = 1 redonnent A et B. Cette lecture relie une égalité de vecteurs à une information plus précise que le seul mot alignement.

À toi d'essayer

On fixe A(0 ; 1) et B(2 ; 5). Construis un point C aligné avec A et B, mais situé de l’autre côté de A par rapport à B. Donne ses coordonnées et justifie sa position.

Coup de pouce : Choisis un coefficient réel qui impose le côté demandé.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Prouver un parallélisme et distinguer les droites

Les vecteurs →AB et →CD valent tous deux (4 ; 2). Les droites sont parallèles et distinctes car C n’appartient pas à (AB).

Deux droites ayant des vecteurs directeurs colinéaires ont la même direction. Elles peuvent être distinctes ou confondues. Pour prouver un parallélisme strict, il faut donc aussi vérifier qu’un point de l’une n’appartient pas à l’autre. Cette précision est utile quand l’énoncé demande la position relative des droites. Un vecteur nul n’est jamais directeur d’une droite : on doit contrôler que chaque paire de points utilisée est distincte.

Exemple résolu

A(1 ; 1), B(5 ; 3), C(1 ; 4), D(5 ; 6). Démontrer que (AB) et (CD) sont strictement parallèles.

  1. Étape 1 : Les points A et B sont distincts, ainsi que C et D. →AB = (4 ; 2) et →CD = (4 ; 2).
  2. Étape 2 : Les deux vecteurs sont égaux, donc colinéaires ; les droites ont la même direction.
  3. Étape 3 : Pour savoir si elles sont confondues, calculer →AC = (0 ; 3).
  4. Étape 4 : det(→AB, →AC) = 4 × 3 − 2 × 0 = 12, qui est non nul. C n’appartient donc pas à (AB).

Résultat : Les droites (AB) et (CD) sont parallèles et distinctes.

Piège à éviter : La seule égalité de directions ne permet pas de dire que les droites sont distinctes.

On peut également chercher une coordonnée inconnue pour imposer un alignement. Avec A(0 ; 0), B(2 ; 3) et M(4 ; t), le déterminant est 2t − 12. La condition d’alignement équivaut à 2t − 12 = 0, donc t = 6. C’est une équivalence : la valeur trouvée est nécessaire et elle suffit. La substitution dans le déterminant final vérifie qu’aucune erreur de signe n’a été commise.

À toi d'essayer

Une droite passe par P(1 ; 2) et a pour vecteur directeur u⃗ = (3 ; −1). Trouve l’ordonnée du point M(7 ; t) pour qu’il appartienne à cette droite.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

5. Vers le bac : une preuve organisée

Vers le bac : partir de la conclusion recherchée

  1. Traduire la demande en propriété vectorielle : alignement avec une origine commune, parallélisme avec un directeur de chaque droite.
  2. Calculer soigneusement les vecteurs en gardant l’ordre extrémité moins origine, puis écrire la formule du déterminant avant les valeurs.
  3. Si un paramètre apparaît, résoudre la condition de nullité et contrôler la valeur trouvée dans l’expression initiale.
  4. Conclure en langage géométrique ; préciser les points distincts et, si nécessaire, la distinction entre droites parallèles et confondues.

En Python, une fonction determinant(u, v) peut renvoyer u[0]*v[1] − u[1]*v[0]. Le symbole * signifie multiplication dans ce langage. Une fonction d’alignement calcule d’abord les vecteurs à partir des points, puis teste la nullité du résultat. Pour des coordonnées entières de taille raisonnable, le calcul entier évite les arrondis. Avec des décimaux stockés en nombres flottants, le résultat peut être légèrement perturbé ; on distingue alors exploration numérique et preuve exacte.

Attention :

Erreurs fréquentes : comparer seulement les premières coordonnées ; soustraire les produits dans un ordre incohérent ; utiliser un vecteur nul comme directeur ; conclure qu’un point est entre deux autres parce qu’il est aligné avec eux. Pour déceler ces erreurs, explique ce que représentent les vecteurs avant de lancer le calcul.

Bilan des démarches

QuestionOutil et vérification
AlignementDéterminant nul de deux vecteurs de même origine.
Directions parallèlesDéterminant nul de deux vecteurs directeurs non nuls.
Droites distinctesUn point de l’une n’appartient pas à l’autre.

À retenir

  • Deux vecteurs (x ; y) et (x′ ; y′) sont colinéaires exactement lorsque xy′ − yx′ = 0.
  • Si u⃗ est non nul, la colinéarité de u⃗ et v⃗ équivaut à l’existence d’un réel k tel que v⃗ = ku⃗. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.
  • Pour A et B distincts, A, B et C sont alignés si et seulement si →AB et →AC sont colinéaires.
  • Deux droites ont la même direction si leurs directeurs non nuls sont colinéaires ; elles peuvent être distinctes ou confondues.

Fiche de révision

Écris d’abord les deux déplacements

ils doivent répondre à la question géométrique posée.

Pour (a ; b) et (c ; d), le test est ad − bc. Pour deux vecteurs non nuls, un résultat nul indique une direction commune ; un autre résultat la réfute. Si un vecteur est nul, les vecteurs sont colinéaires mais aucune direction ne peut être attribuée au vecteur nul.

Pour situer M sur (AB), cherche k dans →AM = k→AB. Le segment correspond aux coefficients entre zéro et un.

Avec un paramètre, écris une équation puis vérifie la valeur obtenue. Pour deux droites, traite séparément leur direction et leur éventuelle confusion.

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