Décrire et croiser des droites

Une équation cartésienne décrit tous les points d’une droite et permet de calculer ses intersections.

Environ 40 minutes

  • Déterminer une équation cartésienne et tester une appartenance.
  • Relier vecteur directeur et équation de droite.
  • Résoudre un système et interpréter ses solutions géométriquement.
Sommaire
  1. 1. Une équation décrit un ensemble de points
  2. 2. Construire une équation avec deux points
  3. 3. Forme réduite et cas vertical
  4. 4. Chercher un point commun par un système
  5. 5. Vers le bac : modéliser, résoudre, interpréter

Comment savoir exactement où deux droites se rencontrent ?

Une équation cartésienne décrit tous les points d’une droite et permet de calculer ses intersections. Tu relieras les vecteurs directeurs, les formes d’équation et les systèmes pour traiter les droites verticales aussi bien que les autres.

1. Une équation décrit un ensemble de points

Une équation de droite est une condition sur les coordonnées de tous ses points. Dire que d a pour équation 2x − y + 1 = 0 signifie qu’un point M(x ; y) appartient à d si et seulement si ses coordonnées vérifient cette égalité. Tester une appartenance consiste à remplacer les deux inconnues par les coordonnées du point, puis à calculer. Le résultat ne dépend pas de l’apparence du dessin.

Dans un repère, une équation cartésienne de droite s’écrit ax + by + c = 0, où a et b ne sont pas tous deux nuls. Cette dernière condition est essentielle. Si a = b = 0, l’égalité restante est soit toujours vraie, soit toujours fausse ; elle ne décrit pas une droite. Multiplier tous les coefficients d’une équation par un même nombre non nul donne la même droite.

Vocabulaire

Équation cartésienne :
Relation ax + by + c = 0 décrivant une droite, avec a et b non tous deux nuls.
Équation réduite :
Écriture y = mx + p pour une droite non verticale.
Système :
Deux équations à satisfaire simultanément par un même couple de nombres.

Un vecteur directeur de la droite ax + by + c = 0 est (−b ; a). Il est non nul puisque a et b ne sont pas tous deux nuls. Pour comprendre cette formule, pars d’un point A de la droite et avance de t(−b ; a). Les variations des termes ax et by sont −abt et abt : elles s’annulent. Le point obtenu vérifie donc encore l’équation. Cette idée relie équation cartésienne et déplacement vectoriel.

2. Construire une équation avec deux points

Deux points distincts A et B définissent une droite unique. Le vecteur →AB = (u ; v) en est un directeur. Pour qu’un point M(x ; y) appartienne à cette droite, →AM doit être colinéaire à →AB. La condition s’écrit u(y − yA) − v(x − xA) = 0. En développant et en regroupant, on obtient une équation cartésienne. Cette méthode reste utilisable si la droite est verticale.

Exemple résolu

A(1 ; 2), B(3 ; 6). Déterminer une équation de (AB), un directeur et tester C(4 ; 8).

  1. Étape 1 : A et B sont distincts et →AB = (2 ; 4). La condition de colinéarité est 2(y − 2) − 4(x − 1) = 0.
  2. Étape 2 : Développer : 2y − 4 − 4x + 4 = 0, soit 2y − 4x = 0. Diviser par 2 donne y − 2x = 0.
  3. Étape 3 : On peut retenir le directeur (1 ; 2), qui a la même direction que (2 ; 4).
  4. Étape 4 : Pour C(4 ; 8), remplacer dans l’équation : 8 − 2 × 4 = 0.

Résultat : La droite a pour équation y − 2x = 0 ; C lui appartient.

Piège à éviter : Une équation ne se déduit pas des seules coordonnées de B : il faut utiliser aussi A ou une autre information de direction.

Une fois l’équation trouvée, substituer les coordonnées de A et B constitue un contrôle rapide. Si un point ne vérifie pas l’égalité, une erreur de signe ou de développement est probable. Si A et B étaient confondus, le vecteur obtenu serait nul et aucune direction unique ne serait fixée. Vérifier que les points sont distincts protège donc à la fois la géométrie et l’algèbre.

À toi d'essayer

La droite d a pour équation 3x + 2y − 7 = 0. Le point P(1 ; 2) appartient-il à d ? Donne aussi un directeur.

Voir la réponse

3 × 1 + 2 × 2 − 7 = 0, donc P appartient à d. Un directeur est (−2 ; 3).

3. Forme réduite et cas vertical

Si b est non nul dans ax + by + c = 0, on peut isoler y : y = (−a/b)x − c/b. On note souvent m = −a/b et p = −c/b. Le nombre m est le coefficient directeur et p l’ordonnée à l’origine. Pour deux points de cette droite avec des abscisses différentes, m = (yB − yA)/(xB − xA). Cette formule exprime le rapport entre variation verticale et variation horizontale.

A(3 ; 2) et B(3 ; 6) appartiennent à la droite x = 3, qui n’a pas d’équation réduite y = mx + p.

Lorsque b = 0, a est non nul et l’équation devient x = −c/a : la droite est verticale. Son abscisse est constante tandis que son ordonnée peut prendre toutes les valeurs réelles. Elle ne peut pas représenter une fonction de x, car une même abscisse correspond à plusieurs ordonnées. Le quotient servant à calculer un coefficient directeur aurait un dénominateur nul ; on ne lui attribue donc pas un coefficient directeur.

Pour tracer y = mx + p, on place deux points distincts dont les coordonnées vérifient l’équation. Choisir des abscisses adaptées simplifie les calculs : avec m = 1/3, avancer de trois unités horizontalement donne une unité verticalement. Avec x = c, on choisit directement deux ordonnées différentes et la même abscisse c. Une droite n’est pas limitée au segment reliant les deux points utilisés.

À toi d'essayer

Une droite passe par A(−2 ; 1) et B(−2 ; 7). Trouve son équation et explique pourquoi la formule de pente ne convient pas.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Chercher un point commun par un système

Un point commun à deux droites doit vérifier leurs deux équations simultanément. Résoudre un système revient donc à déterminer leur intersection. La substitution consiste à isoler une inconnue dans une équation et à remplacer son expression dans l’autre. La combinaison consiste à multiplier les équations par des nombres appropriés, puis à les ajouter pour supprimer une inconnue. On conserve des transformations équivalentes afin de garder les mêmes solutions.

Les droites y = x + 1 et y = −x + 5 se coupent en I(2 ; 3).

Exemple résolu

Déterminer l’intersection de d : y = x + 1 et e : y = −x + 5.

  1. Étape 1 : Si un point appartient aux deux droites, ses deux expressions de y sont égales : x + 1 = −x + 5.
  2. Étape 2 : Regrouper les termes : 2x = 4, donc x = 2.
  3. Étape 3 : Remplacer dans la première équation : y = 2 + 1 = 3.
  4. Étape 4 : Contrôler aussi la seconde équation : −2 + 5 = 3.

Résultat : Les deux droites se coupent au point I(2 ; 3).

Piège à éviter : Résoudre une seule équation donne une droite entière, alors que l’intersection doit satisfaire les deux conditions.

Deux droites peuvent être sécantes, strictement parallèles ou confondues. Le système possède respectivement un seul couple solution, aucun couple solution ou une infinité de couples solutions. Une égalité impossible comme 0 = 4 montre l’absence de solution. Une identité comme 0 = 0 indique qu’une condition est redondante ; on garde alors l’autre équation pour décrire tous les couples. Une seule identité n’autorise pas à dire que tous les points du plan conviennent.

Exemple résolu

Résoudre le système 2x + y = 7 et x − y = 2 par combinaison, puis interpréter.

  1. Étape 1 : Additionner les deux équations : 3x = 9. On obtient x = 3.
  2. Étape 2 : Remplacer x dans x − y = 2 : 3 − y = 2, donc y = 1.
  3. Étape 3 : Vérifier les deux équations : 2 × 3 + 1 = 7 et 3 − 1 = 2.
  4. Étape 4 : Les vecteurs directeurs des deux droites ne sont pas colinéaires, ce qui est cohérent avec une intersection unique.

Résultat : Le système a pour unique solution (3 ; 1) ; les droites sont sécantes.

Piège à éviter : Lorsque l’on multiplie une équation avant de l’ajouter à une autre, il faut multiplier tous ses termes, y compris le second membre.

À toi d'essayer

Une droite d a pour équation 2x − y = 1. Propose une équation d’une droite e telle que le système n’ait aucune solution, puis justifie.

Coup de pouce : Garde une même direction et change la constante.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

5. Vers le bac : modéliser, résoudre, interpréter

Vers le bac : rédiger une intersection

  1. Nommer les inconnues et préciser ce que représente chaque équation. Si le problème est concret, conserver les unités et les contraintes.
  2. Choisir la substitution lorsqu’une inconnue est déjà isolée ; choisir une combinaison lorsque les coefficients facilitent une élimination.
  3. Calculer le couple puis le substituer dans les deux équations initiales. Le dessin fournit une vérification d’ordre de grandeur.
  4. Conclure en précisant la position relative des droites. Dans une situation concrète, vérifier que le couple respecte les contraintes annoncées.

On peut programmer un test d’appartenance en calculant a*x + b*y + c. Pour explorer une intersection, une boucle parcourt des valeurs de x et compare les ordonnées des deux droites non verticales. Le résultat obtenu dépend du pas choisi et peut manquer une intersection entre deux valeurs testées. Le calcul algébrique complète donc le graphique. Une lecture sur écran donne une approximation ; une résolution exacte et une substitution donnent une preuve pour des données exactes.

Attention :

Erreurs fréquentes : oublier le cas vertical ; confondre un point et un couple de coefficients ; changer le signe d’un seul terme en réarrangeant une équation ; annoncer une solution après un contrôle dans une seule droite. La réponse doit contenir les deux coordonnées et leur signification.

Bilan des démarches

QuestionOutil et vérification
AppartenanceSubstituer les coordonnées dans toute l’équation.
Équation à deux pointsUtiliser un directeur et la colinéarité.
IntersectionRésoudre deux conditions puis vérifier chacune.

À retenir

  • Une droite admet une équation ax + by + c = 0 avec a et b non tous deux nuls ; (−b ; a) en est un vecteur directeur.
  • Si b ≠ 0, l’équation réduite est y = (−a/b)x − c/b. Si b = 0, la droite est verticale et son équation est x = −c/a.
  • Les solutions du système des équations de deux droites sont leurs points communs : un pour deux sécantes, aucun pour deux parallèles distinctes et une infinité pour deux droites confondues.

Fiche de révision

Deux points distincts donnent un déplacement directeur. La colinéarité avec le déplacement d’un point quelconque donne ensuite une équation.

Dans ax + by + c = 0, utilise (−b ; a) comme directeur. Si b est nul, écris directement x = −c/a.

Un couple solution d’un système doit satisfaire chaque ligne. Une contradiction élimine tout couple ; une identité oblige à conserver l’équation restante.

Pour deux formes réduites, égaliser les expressions de y donne l’abscisse commune. Reviens ensuite à une équation pour trouver l’ordonnée.

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