Résoudre des équations

Résoudre une équation, c’est trouver toutes les valeurs autorisées qui rendent une égalité vraie. Comment éviter d’en perdre ou d’en ajouter ?

Environ 40 minutes

  • Résoudre des équations du premier degré et des produits nuls.
  • Résoudre des équations quotients en conservant les valeurs interdites.
  • Interpréter un ensemble de solutions dans un problème.
Sommaire
  1. Comprendre ce qui est cherché
  2. Savoir conclure même sans valeur unique
  3. Utiliser la forme factorisée
  4. Traiter une équation contenant un dénominateur
  5. Identifier les pièges récurrents

Résoudre une équation, c’est trouver toutes les valeurs autorisées qui rendent une égalité vraie. Comment éviter d’en perdre ou d’en ajouter ?

Une équation peut traduire la rencontre de deux tarifs, une condition géométrique ou une égalité entre expressions. La démarche ne consiste pas seulement à obtenir un nombre : il faut décrire l’ensemble complet des solutions et vérifier les conditions de départ. Nous partirons du premier degré, puis nous utiliserons la factorisation et les quotients. Chaque transformation doit conserver les mêmes solutions sur le domaine annoncé ; la vérification finale revient à l’égalité initiale.

Comprendre ce qui est cherché

Une solution est une valeur de l’inconnue pour laquelle les deux membres de l’équation existent et sont égaux. Pour 2x + 1 = 7, le nombre 3 est solution car 2 × 3 + 1 = 7. Le nombre 2 ne l’est pas. Résoudre consiste à rechercher toutes les solutions dans un ensemble donné, souvent ℝ. On les rassemble dans un ensemble S. Une équation peut avoir une solution, plusieurs solutions, aucune solution ou même tous les réels pour solutions : la présentation de la réponse doit permettre de distinguer ces situations.

Deux équations sont équivalentes lorsqu’elles possèdent exactement les mêmes solutions sur le domaine étudié. On peut ajouter ou soustraire une même expression dans les deux membres si elle est définie sur ce domaine. On peut multiplier ou diviser les deux membres par un même nombre non nul. Ajouter zéro est bien sûr autorisé : la condition non nul concerne la multiplication ou la division nécessaires pour conserver l’équivalence. Écrire une suite d’équivalences impose donc de vérifier les conditions à chaque étape.

On évite la formule vague changer de côté, changer de signe. Elle résume parfois une opération correcte, mais elle peut masquer une erreur. Dans 3x − 5 = 10, on ajoute 5 aux deux membres pour obtenir 3x = 15. Dans 3x = 15, on divise les deux membres par 3, ce qui donne x = 5. Le coefficient 3 ne devient pas −3 : il intervient dans une division. Nommer les opérations rend le raisonnement contrôlable.

Exemple résolu

Résoudre dans ℝ l’équation 2x + 1 = 7 − x.

  1. Étape 1 : On ajoute x aux deux membres : 3x + 1 = 7.
  2. Étape 2 : On soustrait 1 aux deux membres : 3x = 6, puis on divise par 3 : x = 2.
  3. Étape 3 : On vérifie dans l’égalité initiale : 2 × 2 + 1 = 5 et 7 − 2 = 5.

Résultat : L’ensemble des solutions est S = {2}.

Piège à éviter : La valeur 5 est la valeur commune des deux membres, pas la solution : l’inconnue recherchée est x.

L’égalité 2x + 1 = 7 − x correspond à l’intersection des deux droites. Le calcul exact confirme l’abscisse 2.

À toi d'essayer

Résoudre 4 − 3x = 10 en détaillant l’opération qui permet d’isoler x.

Voir la réponse

On soustrait 4 : −3x = 6. On divise les deux membres par −3 : x = −2. La vérification donne 4 − 3 × (−2) = 10 ; S = {−2}.

Savoir conclure même sans valeur unique

Une équation du type ax + b = 0, avec a ≠ 0, possède l’unique solution −b/a. Mais au cours d’un calcul, les termes en x peuvent disparaître. Si l’on obtient 0 = 0, l’égalité est vraie pour toutes les valeurs autorisées. Si l’on obtient 0 = 4, elle est impossible : il n’y a aucune solution. Il ne faut jamais diviser par le coefficient de x avant d’avoir vérifié qu’il n’est pas nul.

Par exemple 2(x + 1) = 2x + 2 donne 2x + 2 = 2x + 2, donc tous les réels conviennent. À l’inverse 2(x + 1) = 2x + 5 conduit à 2 = 5, ce qui est faux pour toute valeur de x. La réponse est alors S = ∅. Dans un problème concret, on intersecte ensuite l’ensemble obtenu avec les valeurs possibles dans la situation : un nombre d’objets doit être entier, une longueur doit être positive et un dénominateur doit rester non nul.

Attention :

Une vérification d’une valeur trouvée prouve qu’elle est solution. Elle ne prouve pas que tu as trouvé toutes les solutions ; cette exhaustivité vient des transformations équivalentes et de l’étude complète des cas.

Utiliser la forme factorisée

Un produit de deux réels est nul si et seulement si au moins un des facteurs est nul. Pour une équation A(x)B(x) = 0, on résout donc A(x) = 0 ou B(x) = 0. Le mot ou ne demande pas de choisir une branche et d’abandonner l’autre : il faut réunir toutes les solutions obtenues. Si une valeur annule les deux facteurs, on la compte une seule fois. Cette règle fonctionne parce qu’un produit de nombres non nuls ne peut pas valoir zéro.

La règle du produit nul s’applique seulement à un produit égal à zéro. Pour x² = 3x, on commence par soustraire 3x : x² − 3x = 0. On factorise alors par x, ce qui donne x(x − 3) = 0. La propriété fournit x = 0 ou x − 3 = 0, donc x = 0 ou x = 3. Diviser directement l’égalité initiale par x ne serait permis que pour x ≠ 0 et ferait disparaître une solution si le cas zéro n’était pas traité séparément.

Les deux zéros de x(x − 3) sont visibles. Diviser l’équation par x ferait perdre la solution 0.

Exemple résolu

Résoudre dans ℝ l’équation (x + 1)² = 9.

  1. Étape 1 : On soustrait 9 aux deux membres : (x + 1)² − 9 = 0.
  2. Étape 2 : On reconnaît une différence de carrés : ((x + 1) − 3)((x + 1) + 3) = 0, soit (x − 2)(x + 4) = 0.
  3. Étape 3 : Le produit nul donne x = 2 ou x = −4. On vérifie : les deux valeurs donnent un carré égal à 9.

Résultat : S = {−4 ; 2}.

Piège à éviter : Prendre uniquement x + 1 = 3 oublierait le cas x + 1 = −3, dont le carré vaut également 9.

Plus généralement, pour l’équation x² = a, le signe de a détermine les cas. Si a < 0, aucun réel ne convient puisque tout carré est positif ou nul. Si a = 0, la seule solution est zéro. Si a > 0, on trouve deux solutions opposées, −√a et √a. Ces résultats utilisent la définition de la racine carrée et la différence de deux carrés ; ils ne demandent pas la méthode générale des équations du second degré.

À toi d'essayer

Une aire est décrite par x(x + 2), avec x ≥ 0. On impose x(x + 2) = 15. Résous et interprète les solutions.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Traiter une équation contenant un dénominateur

Un quotient n’existe pas lorsque son dénominateur vaut zéro. Avant toute transformation d’une équation quotient, on note donc les valeurs interdites. Sur le domaine où B(x) ≠ 0, l’équation A(x)/B(x) = k équivaut à A(x) = kB(x). La multiplication par B(x) est autorisée sur ce domaine précisément parce qu’il ne s’y annule pas. On résout l’équation obtenue, puis on vérifie que les solutions proposées appartiennent toujours au domaine initial.

Exemple résolu

Résoudre dans ℝ l’équation (x + 1)/(x − 2) = 2.

  1. Étape 1 : Le dénominateur s’annule en 2 ; on travaille donc pour x ≠ 2.
  2. Étape 2 : Sur ce domaine, on multiplie par x − 2 : x + 1 = 2(x − 2), soit x + 1 = 2x − 4.
  3. Étape 3 : On soustrait x puis on ajoute 4 : x = 5. Cette valeur est autorisée et (5 + 1)/(5 − 2) = 6/3 = 2.

Résultat : S = {5}.

Piège à éviter : Oublier la restriction x ≠ 2 rendrait la transformation incomplète, même si la solution finale est ici autorisée.

Un quotient est nul exactement lorsque son numérateur est nul et son dénominateur non nul. Ainsi (x − 2)/(x − 2) = 0 n’a aucune solution : x = 2 annulerait le numérateur mais rendrait aussi le quotient interdit ; pour toute autre valeur, ce quotient vaut 1. Une valeur interdite ne peut jamais être réintroduite par une simplification. Le domaine est une partie du problème, pas une remarque facultative en marge du calcul.

Vers le bac : organiser une résolution complète

  1. Préciser l’ensemble de recherche et écrire les valeurs interdites avant de transformer.
  2. Choisir une méthode : opérations dans les deux membres, factorisation ou multiplication par un dénominateur non nul.
  3. Écrire les équivalences avec leurs conditions, puis réunir toutes les branches de résolution.
  4. Vérifier les valeurs dans l’équation initiale et conclure par un ensemble de solutions adapté au contexte.

Un programme Python peut tester des candidats, mais un balayage entier ne trouvera pas une solution comme 1/3 s’il ne visite que des entiers. Il peut aussi manquer une solution isolée entre deux points d’un maillage décimal. Il est donc utile pour contrôler une valeur ou explorer un graphique, sans remplacer la résolution exacte. Pour un quotient, le test doit d’abord vérifier que le dénominateur n’est pas nul ; sinon le programme provoque une erreur au lieu d’évaluer l’égalité.

À toi d'essayer

Un camarade résout x(x − 4) = 0 en divisant par x et annonce S = {4}. Construis un contre-exemple à sa conclusion et répare la résolution.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Identifier les pièges récurrents

Vocabulaire

Solution :
Valeur autorisée de l’inconnue rendant l’égalité vraie.
Équivalence :
Relation entre deux conditions possédant exactement les mêmes solutions.
Produit nul :
Produit dont au moins un facteur vaut zéro.
Domaine de recherche :
Ensemble des valeurs autorisées pour l’inconnue.

Bilan des méthodes

Forme reconnueStratégie
Premier degré avec coefficient non nulIsoler l’inconnue.
Produit égal à zéroAnnuler au moins un facteur.
Quotient égal à une constanteExclure les zéros du dénominateur, puis multiplier.
Contradiction ou identitéConclure ensemble vide ou tout le domaine.

À retenir

  • Résoudre demande toutes les valeurs autorisées, et non seulement une valeur qui fonctionne.
  • Une transformation équivalente conserve exactement les solutions sur le domaine précisé.
  • Pour un produit nul, réunir les solutions de chaque facteur nul.
  • Pour un quotient, les valeurs interdites restent interdites jusqu’à la conclusion.

Fiche de révision

Avant le calcul

domaine, éventuels dénominateurs et contraintes concrètes.

Après factorisation

traiter chaque facteur et réunir les réponses sans doublon.

Contrôle rapide

remplacer les candidats dans l’équation de départ.

Cas de référence

x² = 4 donne deux solutions, −2 et 2 ; x² = −4 n’en donne aucune dans ℝ.

Questions fréquentes

Peut-on diviser une équation par l’inconnue ?

Seulement dans le cas où l’on sait que l’inconnue est non nulle. Sinon il faut traiter le cas zéro séparément pour ne perdre aucune solution.

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