Relier fonctions affines et droites

Une augmentation constante peut se lire dans une formule, dans deux points ou dans un tarif. Comment relier ces informations ?

Environ 40 minutes

  • Relier une expression affine à une droite.
  • Déterminer pente et ordonnée à l’origine à partir de deux points.
  • Comparer des modèles affines et interpréter leurs paramètres.
Sommaire
  1. Identifier les deux paramètres d’une fonction affine
  2. Passer de la fonction à sa droite
  3. Retrouver une expression affine
  4. Comparer des tarifs et discuter un modèle
  5. Associer paramètres et interprétations

Une augmentation constante peut se lire dans une formule, dans deux points ou dans un tarif. Comment relier ces informations ?

Les fonctions affines décrivent une dépendance où une même variation d’entrée produit toujours la même variation de sortie. Elles permettent de tracer des droites et de comparer des modèles simples. Nous allons comprendre les rôles de la pente et de l’ordonnée à l’origine, retrouver une formule à partir de deux valeurs et vérifier une utilisation concrète. Tu utiliseras les équations du premier degré, les coordonnées et les variations de nombres relatifs. Une représentation doit toujours être lue en tenant compte des unités des deux axes.

Identifier les deux paramètres d’une fonction affine

Une fonction affine est définie par une expression f(x) = ax + b, où a et b sont des réels fixés. Le nombre a est le coefficient directeur ou pente. Le nombre b est l’ordonnée à l’origine, car f(0) = b. La fonction linéaire est le cas particulier b = 0 ; sa courbe passe par l’origine et exprime une situation de proportionnalité. Une fonction constante est le cas particulier a = 0. Elle reste affine, même si sa valeur ne varie pas.

Pour une fonction affine, la différence entre deux images vérifie f(v) − f(u) = a(v − u). Cette égalité explique le rôle de a : quand x augmente de 1, l’image augmente de a, au sens algébrique. Si a = −2, l’image diminue de 2. Pour un pas de 3, la variation est 3a. Le coefficient b déplace toutes les images de la même quantité, mais n’intervient pas dans la différence de deux images : il n’affecte donc pas la pente.

Exemple résolu

Pour f(x) = −1,5x + 6, identifier les paramètres, calculer f(2) et déterminer quand f(x) vaut zéro.

  1. Étape 1 : Le coefficient de x est a = −1,5 et le terme constant est b = 6.
  2. Étape 2 : On calcule f(2) = −1,5 × 2 + 6 = 3.
  3. Étape 3 : On résout −1,5x + 6 = 0, soit −1,5x = −6 puis x = 4.

Résultat : La pente vaut −1,5, l’ordonnée à l’origine vaut 6, f(2) = 3 et l’unique zéro est 4.

Piège à éviter : Lire b = 4 confondrait le zéro de la fonction avec la valeur f(0).

Le signe du coefficient directeur donne le sens de variation. Si a > 0, la fonction est strictement croissante ; si a < 0, elle est strictement décroissante ; si a = 0, elle est constante. Pour le justifier, on choisit u < v. Alors v − u > 0 et f(v) − f(u) a le signe de a. Cette preuve ne dépend pas du dessin. Elle évite de conclure d’après une droite qui paraît plus ou moins inclinée parce que les unités des axes ont été modifiées.

À toi d'essayer

Une fonction affine vérifie f(x) = 8 − 0,25x. Quelle est la variation de son image lorsque x augmente de 4 ? Explique sans calculer deux images particulières.

Voir la réponse

La variation est a × 4 = −0,25 × 4 = −1. L’image diminue donc de 1. Le terme constant 8 n’intervient pas dans cette variation.

Passer de la fonction à sa droite

Dans un repère, la courbe de f(x) = ax + b est la droite d’équation y = ax + b. Un point M(u ; v) lui appartient si et seulement si v = au + b. Pour tracer cette droite, deux points distincts suffisent : on peut placer (0 ; b), puis calculer l’image d’une autre abscisse commode. On trace ensuite la droite entière lorsque le domaine est ℝ, ou seulement la portion correspondant au domaine si le contexte impose une restriction.

Lorsque la pente est fractionnaire, on choisit un déplacement qui évite des coordonnées approchées. Pour y = x/3 − 2, partir du point (0 ; −2) et avancer de 3 en abscisse fait monter de 1 en ordonnée ; le deuxième point est (3 ; −1). Cette méthode donne des coordonnées exactes. Avancer de 1 imposerait une montée de 1/3, plus délicate à placer sur une graduation entière. On garde le rapport des variations, et non une règle imposant toujours un pas de 1.

Entre (1 ; 1) et (4 ; 7), l’abscisse augmente de 3 et l’ordonnée de 6. La pente vaut 6/3 = 2 et l’ordonnée à l’origine vaut −1.

Toute droite non verticale représente une fonction affine de x. Une droite verticale, d’équation x = c, n’en représente pas une : pour la même abscisse c, elle contient plusieurs ordonnées. Elle n’a donc pas de coefficient directeur défini par un quotient de variations. Une droite horizontale, en revanche, représente une fonction constante y = b et possède une pente nulle. La différence tient à l’unicité de l’image, pas au fait qu’une droite semble simple à dessiner.

Retrouver une expression affine

Si A(xA ; yA) et B(xB ; yB) sont deux points de la droite avec xA ≠ xB, alors a = (yB − yA)/(xB − xA). Le numérateur et le dénominateur doivent être calculés dans le même ordre. Inverser simultanément les deux différences ne change pas le quotient ; n’inverser qu’une des deux change son signe. Une fois a obtenu, on remplace les coordonnées d’un des points dans y = ax + b pour calculer b. On vérifie ensuite avec l’autre point.

Exemple résolu

Déterminer la fonction affine dont la droite passe par A(1 ; 1) et B(4 ; 7).

  1. Étape 1 : Les abscisses sont distinctes. On calcule a = (7 − 1)/(4 − 1) = 6/3 = 2.
  2. Étape 2 : Le point A impose 1 = 2 × 1 + b, donc b = −1.
  3. Étape 3 : On contrôle avec B : 2 × 4 − 1 = 7, ce qui correspond à son ordonnée.

Résultat : La fonction est f(x) = 2x − 1.

Piège à éviter : Écrire a = (7 − 1)/(1 − 4) mélangerait les ordres et donnerait la mauvaise pente.

Si un tableau fournit plusieurs valeurs et que l’on veut savoir si elles sont compatibles avec un modèle affine, on compare les rapports des variations pour des abscisses distinctes. Des rapports identiques sont nécessaires pour que les points soient alignés. Avec seulement deux points d’abscisses distinctes, il existe toujours une fonction affine qui passe par eux ; cela ne prouve pas qu’un phénomène réel est affine entre les mesures ou en dehors de la zone observée. La validité du modèle demande une justification dans le contexte.

À toi d'essayer

On cherche une fonction affine et l’on sait que f(3) = 7 et f(5) = 7. Détermine f(0) et explique le raisonnement.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Comparer des tarifs et discuter un modèle

Un prix composé d’un forfait fixe et d’un coût constant par unité se modélise naturellement par une fonction affine. Si le forfait est de 4 € et chaque heure coûte 2 €, on pose A(x) = 4 + 2x pour x heures. Le nombre 4 s’exprime en euros ; le nombre 2 s’exprime en euros par heure. Une valeur négative de x peut être utilisée dans la formule mathématique, mais n’a pas de sens pour une durée de location. Le domaine concret est donc x ≥ 0, éventuellement limité par d’autres règles.

Le forfait A démarre plus bas mais augmente deux fois plus vite. Les deux modèles donnent le même prix pour 6 heures.

Exemple résolu

Deux locations sont décrites pour x ≥ 0 heures par A(x) = 4 + 2x et B(x) = 10 + x, en euros. Quand coûtent-elles le même prix et laquelle est la moins chère selon la durée ?

  1. Étape 1 : L’égalité A(x) = B(x) donne 4 + 2x = 10 + x, donc x = 6. Le prix commun est 16 €.
  2. Étape 2 : La différence A(x) − B(x) vaut x − 6. Elle est négative pour x < 6 et positive pour x > 6.
  3. Étape 3 : On conserve seulement les durées positives ou nulles imposées par le contexte.

Résultat : Pour 0 ≤ x < 6, A est moins chère ; pour x = 6, les prix sont égaux ; pour x > 6, B est moins chère.

Piège à éviter : Comparer seulement les forfaits oublierait que les coûts horaires sont différents et que l’avantage peut changer.

Une croissance visuellement régulière sur trois mesures ne garantit pas une dépendance affine partout. Un tarif peut comporter un plafond, une réduction après une durée ou un arrondi à l’heure commencée. Il faut alors adapter le modèle ou son domaine. Dans le cadre exact choisi ici, les heures sont facturées proportionnellement à leur durée et les deux expressions sont données comme règles. La comparaison porte sur ces règles ; elle ne décrit pas des offres commerciales observées.

Vers le bac : exploiter une relation affine

  1. Identifier la variable, son domaine et les unités des deux paramètres.
  2. Retrouver a par un rapport de variations, puis b en utilisant un point.
  3. Vérifier les coordonnées ou la donnée supplémentaire disponible.
  4. Pour comparer deux modèles, résoudre leur égalité puis étudier le signe de leur différence.
  5. Conclure avec les durées ou quantités admissibles et signaler la portée du modèle.

On peut programmer en Python une fonction tarif(x) qui renvoie 4 + 2*x. Une boucle sur plusieurs durées produit un tableau et aide à placer des points. Pour vérifier la propriété affine, on peut comparer les différences des images pour un même pas. Ces essais servent de contrôle ; l’identité A(v) − A(u) = 2(v − u) fournit la justification générale. Si les données sont des mesures arrondies, des différences légèrement différentes ne doivent pas être interprétées sans examiner la précision des mesures.

À toi d'essayer

Une droite passe par (0 ; 4) et (2 ; 4). Un élève affirme qu’elle est verticale car les deux ordonnées sont égales. Explique l’erreur et donne son équation.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Associer paramètres et interprétations

Vocabulaire

Coefficient directeur :
Rapport entre la variation de l’ordonnée et celle de l’abscisse sur une droite non verticale.
Ordonnée à l’origine :
Valeur de l’image pour l’entrée zéro.
Fonction linéaire :
Fonction affine dont le terme constant est nul.
Modèle affine :
Règle supposant une variation de sortie proportionnelle à la variation d’entrée.

Bilan des méthodes

Valeur observéeInterprétation
a > 0Images strictement croissantes.
a < 0Images strictement décroissantes.
a = 0Images constantes.
b = 0Proportionnalité et passage par l’origine.
Attention :

Le coefficient directeur dépend des unités choisies sur les axes. L’impression visuelle d’inclinaison ne suffit pas : le calcul utilise les valeurs des graduations.

À retenir

  • Une fonction affine s’écrit f(x) = ax + b ; b = f(0).
  • Le rapport des variations donne a lorsque les abscisses sont distinctes.
  • Le signe de a détermine le sens de variation.
  • Deux tarifs affines se comparent par l’étude du signe de leur différence.

Fiche de révision

Avec deux points

calculer la pente puis remplacer les coordonnées d’un point pour trouver le terme constant.

Pour tracer une pente 2/3, avancer de 3 unités et monter de 2 unités.

Pour vérifier un point, remplacer ses coordonnées dans l’équation.

Toujours distinguer formule sur ℝ et domaine autorisé par une situation concrète.

Questions fréquentes

Une fonction constante est-elle affine ?

Oui. Elle correspond à a = 0 dans f(x) = ax + b ; sa courbe est horizontale.

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