Divisibilité et fractions irréductibles
Utiliser multiples, diviseurs et parité ; démontrer des propriétés et écrire une fraction sous forme irréductible.
Environ 35 minutes
- Exprimer et utiliser une relation de divisibilité
- Démontrer deux propriétés sur multiples et nombres impairs
- Réduire une fraction et expliquer deux calculs en Python
Simplifier une fraction change son écriture, pas le nombre qu’elle représente.
L’arithmétique étudie les propriétés des nombres entiers. Elle permet de former des groupes identiques, de reconnaître des multiples et de simplifier des fractions. En seconde, tu dois aussi justifier tes résultats : un exemple numérique ne remplace pas une démonstration générale. Nous travaillerons avec les entiers naturels, notés ℕ, et les entiers relatifs, notés ℤ. Dans cette leçon, un diviseur utilisé dans une division est toujours non nul, et le dénominateur d’une fraction est non nul. Ces précautions évitent d’appliquer un calcul là où il n’est pas défini.
1. Définir les multiples et les diviseurs
L’ensemble ℕ contient 0, 1, 2 et tous les entiers naturels suivants. L’ensemble ℤ contient aussi leurs opposés : −1, −2, −3, et ainsi de suite. Pour des entiers a et d, avec d non nul, a est un multiple de d s’il existe un entier k tel que a = d × k. On dit alors que d divise a ou que d est un diviseur de a. Les deux mots décrivent la même relation dans des sens différents. Ainsi 42 est multiple de 7 parce que 42 = 7 × 6 ; 7 est un diviseur de 42.
Le multiplicateur doit être entier. Écrire 42 = 8 × 5,25 ne prouve pas que 42 est multiple de 8, car 5,25 n’est pas un entier. Les signes ne détruisent pas la relation : −42 = 7 × (−6), donc −42 est aussi multiple de 7. Zéro est multiple de tout entier non nul puisque 0 = d × 0. Dans un problème concret de paquets, on travaille souvent avec des entiers naturels positifs ; il faut annoncer cette restriction au lieu de l’appliquer silencieusement à tous les problèmes d’entiers.
Exemple résolu
Une association prépare des sachets de 8 cartes avec 156 cartes. Peut-elle utiliser toutes les cartes sans reste ?
- Étape 1 : Effectuer la division euclidienne : 156 = 8 × 19 + 4, avec 0 ≤ 4 < 8.
- Étape 2 : Interpréter : 19 sachets complets utilisent 152 cartes.
- Étape 3 : Le reste 4 n’est pas nul, donc 156 n’est pas multiple de 8.
Résultat : Elle prépare au plus 19 sachets complets et garde 4 cartes. Elle ne peut pas répartir toutes les cartes dans des sachets de 8 sans reste.
Piège à éviter : Arrondir 156 ÷ 8 à 20 ne produit pas 20 sachets complets, puisqu’il faudrait alors 160 cartes.
À toi d'essayer
−54 est-il un multiple de 9 ? Justifie avec un entier.
Voir la réponseMasquer la réponse
Oui : −54 = 9 × (−6), et −6 appartient à ℤ. Le signe négatif n’empêche pas la divisibilité.
2. Utiliser et démontrer une propriété de multiples
Les critères usuels fournissent des automatismes : un entier naturel est divisible par 2 si son chiffre des unités est pair, par 5 s’il se termine par 0 ou 5, par 3 si la somme de ses chiffres est divisible par 3. Ces critères servent à calculer, mais une démonstration peut revenir à la définition. Pour prouver qu’un nombre est multiple de 7, cherche à l’écrire 7 fois un entier. Pour réfuter une affirmation générale, un seul contre-exemple suffit ; pour l’établir, vérifier plusieurs nombres ne suffit pas, même si tous les essais réussissent.
Démontrons que la somme de deux multiples de 7 est multiple de 7. Écrivons ces nombres 7k et 7ℓ, avec k et ℓ entiers. Leur somme vaut 7k + 7ℓ = 7(k + ℓ). Comme k + ℓ est entier, cette écriture répond exactement à la définition d’un multiple de 7. Les lettres représentent tous les cas autorisés : ce raisonnement est plus général que l’addition 14 + 21. Il explique aussi pourquoi la propriété fonctionne. Le même principe permet de traiter une différence, car la différence de deux entiers reste entière.
Démontrer une relation de divisibilité
- Écris l’hypothèse sous la forme nombre = diviseur × entier.
- Transforme l’expression pour faire apparaître ce diviseur en facteur.
- Justifie que le facteur restant est bien un entier.
- Conclus avec le vocabulaire de l’énoncé, sans remplacer la preuve par un essai.
3. Comprendre la parité et le carré d’un impair
Un entier pair s’écrit 2k avec k entier. Un entier impair s’écrit 2k + 1 avec k entier. Ces définitions valent aussi pour les entiers négatifs : −5 = 2 × (−3) + 1 est impair. Zéro est pair puisque 0 = 2 × 0. La parité permet d’étudier une propriété sans connaître la valeur exacte du nombre. Pour chaque calcul, commence donc par traduire pair ou impair avec une lettre entière. La seule apparence d’une écriture ne suffit pas : il faut pouvoir identifier le facteur ou l’entier qui intervient dans la définition.
Démontrons que le carré d’un impair est impair. Soit n = 2k + 1 avec k entier. Alors n² = (2k + 1)² = 4k² + 4k + 1 = 2(2k² + 2k) + 1. Le nombre 2k² + 2k est entier, donc n² possède la forme 2K + 1 d’un impair. La démonstration ne dépend ni du signe ni de la valeur de k. Le dessin suivant montre seulement le cas 5² : il aide à voir une idée de regroupement, tandis que le calcul littéral établit le résultat pour tous les entiers impairs.
Exemple résolu
Un élève affirme : le carré d’un impair est toujours impair, car 3² = 9 et 5² = 25. Sa justification suffit-elle ?
- Étape 1 : Reconnaître que les deux égalités sont exactes mais portent seulement sur deux cas.
- Étape 2 : Écrire un impair quelconque n = 2k + 1.
- Étape 3 : Développer et factoriser : n² = 2(2k² + 2k) + 1.
Résultat : La conclusion est vraie, mais les deux exemples ne la démontrent pas. L’écriture générale montre que le carré a la forme d’un impair pour tout entier k.
Piège à éviter : Accumuler des exemples favorables ne ferme pas l’ensemble infini des cas possibles.
À toi d'essayer
Un entier peut-il avoir un carré impair tout en étant pair ? Justifie par la forme d’un pair.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Réduire une fraction sans changer sa valeur
Une fraction a/b, avec a entier et b entier non nul, représente un quotient. Multiplier ou diviser son numérateur et son dénominateur par un même nombre non nul conserve ce quotient. Pour simplifier une fraction d’entiers, on divise les deux termes par un diviseur commun. Une fraction est irréductible lorsque numérateur et dénominateur n’ont aucun diviseur commun positif supérieur à 1. Il ne suffit donc pas que les deux nombres soient petits ou impairs. Par exemple, 15 et 21 sont impairs mais ont encore 3 pour diviseur commun.
On peut chercher le plus grand diviseur commun, appelé PGCD, pour simplifier en une seule étape, ou retirer successivement des facteurs communs. Le résultat doit être contrôlé par un produit en croix et par l’absence de facteur commun restant. Une décomposition en facteurs premiers est un outil de vérification : un nombre premier est un entier naturel supérieur à 1 ayant exactement deux diviseurs positifs, 1 et lui-même. Ce rappel du collège aide à repérer les facteurs communs ; le but ici reste d’expliquer la simplification et de présenter le quotient sous forme irréductible.
Exemple résolu
Écris 126/180 sous forme irréductible.
- Étape 1 : Décomposer les termes : 126 = 2 × 3² × 7 et 180 = 2² × 3² × 5.
- Étape 2 : Identifier le facteur commun maximal 2 × 3² = 18 et diviser les deux termes par 18.
- Étape 3 : Obtenir 7/10 ; 7 n’a aucun diviseur commun supérieur à 1 avec 10.
Résultat : 126/180 = 7/10. Le contrôle 126 × 10 = 180 × 7 = 1260 confirme l’égalité, et l’absence de facteur commun confirme l’irréductibilité.
Piège à éviter : Retirer un terme dans une somme n’est pas une simplification : on simplifie des facteurs communs du numérateur et du dénominateur.
5. Vers le bac : expliquer un algorithme et contrôler son résultat
En Python, pour des entiers n et d avec d strictement positif, n % d donne le reste de la division euclidienne. Le test n % d == 0 indique donc si n est multiple de d. Le double signe égal compare deux valeurs ; il n’est pas une affectation. Avant de faire le calcul, il faut traiter le cas d = 0 pour éviter une division interdite. Pour vérifier un algorithme, choisis des cas différents : un multiple, un non-multiple, zéro et un entier négatif. Ces essais contrôlent le programme, tandis que l’interprétation du reste explique sa logique.
Pour trouver le plus grand multiple d’un entier naturel a strictement positif qui soit inférieur ou égal à un entier naturel b, on calcule q = b // a puis a × q. La division entière fournit le quotient de b par a. Le résultat ne dépasse pas b ; le multiple suivant a × (q + 1) le dépasse. Avec a = 8 et b = 156, on retrouve 152. Ces deux inégalités justifient le mot plus grand. Si b est plus petit que a, le résultat est 0 : ce cas mérite d’être essayé au lieu de supposer que le programme cherche seulement des multiples positifs.
Vers le bac : rédiger une justification complète
- Annonce le domaine des nombres et les conditions de définition.
- Choisis une définition ou une propriété adaptée à la question.
- Présente les transformations et justifie l’intégralité du facteur lorsque tu parles de multiple.
- Contrôle le résultat et distingue preuve générale, exemple et test informatique.
À toi d'essayer
On veut répartir 48 élèves d’un groupe et 60 élèves d’un autre dans des équipes. Chaque équipe doit contenir le même nombre d’élèves du premier groupe et le même nombre d’élèves du second, sans laisser personne de côté. Quel nombre maximal d’équipes est possible ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Vocabulaire
- Multiple :
- Entier obtenu en multipliant un entier donné par un entier.
- Diviseur commun :
- Entier non nul qui divise chacun des nombres considérés.
- Fraction irréductible :
- Fraction d’entiers sans diviseur commun positif supérieur à 1 entre ses deux termes.
- Contre-exemple :
- Cas qui suffit à réfuter une affirmation générale.
- Parité :
- Caractère pair ou impair d’un entier.
Erreurs fréquentes : accepter un multiplicateur décimal pour prouver la divisibilité ; oublier les conditions de division ; croire que deux impairs sont toujours premiers entre eux ; prendre des tests pour une démonstration.
Bilan
| Observer | En déduire |
|---|---|
| Prouver un multiple | Faire apparaître un facteur entier. |
| Étudier la parité | Écrire 2k ou 2k + 1. |
| Simplifier un quotient | Diviser ses deux termes par un même facteur commun. |
À retenir
- Pour des entiers a et d, avec d non nul, d divise a si a = d × k pour un entier k.
- Un entier pair s’écrit 2k et un impair 2k + 1 avec k entier. Zéro est pair ; le carré d’un impair est impair.
- Une fraction d’entiers de dénominateur non nul est irréductible lorsque ses deux termes n’ont aucun diviseur commun positif supérieur à 1.
Fiche de révision
Test de méthode
ai-je précisé les entiers, les diviseurs non nuls et le sens de la relation ?
Test de preuve
ma conclusion vaut-elle pour un entier quelconque ou seulement pour les valeurs essayées ?
Test de simplification
l’égalité des quotients et l’absence de diviseur commun ont-elles été vérifiées séparément ?
Et maintenant ?
Tu as lu le cours. L’étape suivante tient en une action.
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