Décrire une fonction

Quand une grandeur dépend d’une autre, comment décrire cette dépendance et retrouver les valeurs de départ possibles ?

Environ 40 minutes

  • Définir une fonction avec son domaine.
  • Calculer des images et rechercher des antécédents.
  • Passer entre formule, tableau, courbe et programme en respectant le contexte.
Sommaire
  1. Associer une seule image à chaque valeur autorisée
  2. Trouver les valeurs pour lesquelles la règle existe
  3. Revenir d’un résultat aux entrées possibles
  4. Choisir entre formule, tableau, courbe et programme
  5. Relier les mots et les écritures

Quand une grandeur dépend d’une autre, comment décrire cette dépendance et retrouver les valeurs de départ possibles ?

Une fonction peut donner une aire à partir d’une longueur, un coût à partir d’une quantité ou une distance à partir d’une durée. La formule n’est qu’une façon de la présenter : un tableau, une courbe ou un programme peuvent aussi fournir des informations. Nous allons préciser le domaine, distinguer image et antécédent et relier ces représentations. Tu utiliseras les calculs algébriques et les équations. La première question sera toujours de savoir quelles valeurs de départ sont autorisées.

Associer une seule image à chaque valeur autorisée

Une fonction f associe à chaque nombre x de son ensemble de définition un unique nombre noté f(x). L’ensemble de définition, souvent noté D, rassemble les valeurs autorisées de x. La lettre x désigne la variable ; f désigne la fonction ; f(x) désigne le résultat associé à x. L’écriture f(2) ne signifie pas f multiplié par 2 : elle désigne la valeur prise par la fonction pour l’entrée 2. Plusieurs nombres de départ peuvent avoir le même résultat, mais une entrée autorisée ne peut pas avoir deux images différentes.

Par exemple, la fonction f définie sur ℝ par f(x) = x² − 1 associe 3 à −2 et aussi 3 à 2. Cela respecte bien la définition : chaque entrée a une seule image, même si les deux images coïncident. Une règle qui associerait à 4 simultanément 2 et −2 ne définirait pas une fonction à valeur unique. Pour la racine carrée, on retient donc la valeur positive ou nulle : √4 = 2. Le choix de cette valeur fait partie de la définition.

Pour préciser une fonction, il faut connaître sa règle et son domaine. La formule x² − 1 sur ℝ et la même formule restreinte à [0 ; +∞[ ne donnent pas les mêmes possibilités d’antécédents, car les entrées négatives ne sont pas autorisées dans le second cas. Dans un problème concret, le domaine vient aussi du contexte : une durée peut être positive, un nombre de billets est entier, une longueur peut être limitée par la taille d’un objet.

Exemple résolu

Soit f définie sur ℝ par f(x) = x² − 1. Calculer l’image de −2 puis vérifier si A(−2 ; 3) appartient à sa courbe.

  1. Étape 1 : On remplace chaque occurrence de x par −2 : f(−2) = (−2)² − 1.
  2. Étape 2 : Le carré vaut 4, donc f(−2) = 4 − 1 = 3.
  3. Étape 3 : Un point (a ; b) appartient à la courbe lorsque a est autorisé et b = f(a). C’est le cas ici.

Résultat : L’image de −2 est 3 et le point A(−2 ; 3) appartient à la courbe de f.

Piège à éviter : Oublier les parenthèses et calculer −2² − 1 donnerait −5 au lieu de l’image demandée.

À toi d'essayer

La fonction g est définie sur ℝ par g(x) = 2x − 5. Le point B(3 ; 1) est-il sur sa courbe ? Justifie avec le vocabulaire image.

Voir la réponse

On calcule g(3) = 6 − 5 = 1. L’image de 3 est 1 ; le point B(3 ; 1) appartient donc à la courbe.

Trouver les valeurs pour lesquelles la règle existe

Une formule peut imposer des restrictions. Dans une fraction, le dénominateur doit être non nul. Pour q(x) = 1/(x − 2), la valeur 2 est interdite et toutes les autres valeurs réelles sont possibles. Le domaine est ℝ privé de 2, soit ]−∞ ; 2[ ∪ ]2 ; +∞[. Dans une racine carrée, le nombre sous la racine doit être positif ou nul. La formule s(x) = √(5 − x) impose 5 − x ≥ 0, donc x ≤ 5.

Lorsque plusieurs opérations imposent des conditions, elles doivent être satisfaites en même temps. On prend donc l’intersection des ensembles autorisés. Il ne suffit pas de traiter la dernière opération visible dans l’écriture. Le domaine doit être fixé avant un calcul d’image : on ne peut pas calculer l’image d’un nombre qui n’y appartient pas. On dit alors que la fonction n’est pas définie en ce nombre, et non que son image vaut zéro ou l’infini.

Exemple résolu

Déterminer le domaine de h(x) = √(x + 1)/(x − 2).

  1. Étape 1 : La racine impose x + 1 ≥ 0, donc x ≥ −1.
  2. Étape 2 : Le dénominateur impose x − 2 ≠ 0, donc x ≠ 2.
  3. Étape 3 : On conserve les nombres supérieurs ou égaux à −1 en excluant 2 ; la valeur −1 est autorisée car le numérateur peut être nul.

Résultat : D = [−1 ; 2[ ∪ ]2 ; +∞[.

Piège à éviter : Exclure −1 serait inutile : une racine carrée de zéro existe et un numérateur nul est autorisé.

Attention :

Une simplification ne change pas le domaine initial sans nouvelle définition explicite. La fonction donnée par (x − 2)/(x − 2) reste non définie en 2, même si sa valeur vaut 1 partout ailleurs.

Revenir d’un résultat aux entrées possibles

Les antécédents d’un nombre b par f sont les nombres x du domaine tels que f(x) = b. Rechercher des antécédents revient donc à résoudre une équation, puis à conserver les solutions autorisées. Il peut y avoir aucun antécédent, un seul ou plusieurs. Pour f(x) = x² − 1 sur ℝ, un nombre inférieur à −1 n’a aucun antécédent puisque x² reste positif ou nul. Le nombre −1 possède l’unique antécédent 0, et tout nombre supérieur à −1 en possède deux, opposés.

Une image se lit pour une abscisse fixée. Les antécédents de 3 se lisent aux deux intersections avec la droite horizontale.

Exemple résolu

Déterminer tous les antécédents de 3 par f(x) = x² − 1 sur ℝ, puis sur [0 ; +∞[.

  1. Étape 1 : On résout x² − 1 = 3, soit x² = 4.
  2. Étape 2 : Sur ℝ, les deux solutions sont −2 et 2 ; chacune donne bien l’image 3.
  3. Étape 3 : Si le domaine est restreint à [0 ; +∞[, on exclut −2 et on conserve seulement 2.

Résultat : Sur ℝ, les antécédents de 3 sont −2 et 2. Sur [0 ; +∞[, le seul antécédent de 3 est 2.

Piège à éviter : Trouver deux solutions algébriques ne suffit pas si le domaine de la fonction n’autorise qu’une seule des deux valeurs.

Pour lire une image sur une courbe, on part de l’abscisse, on rejoint verticalement la courbe, puis on lit l’ordonnée. Pour lire les antécédents de b, on trace mentalement l’horizontale d’ordonnée b et on relève les abscisses de toutes ses intersections avec la courbe. Une droite verticale rencontre au plus une fois la courbe d’une fonction, tandis qu’une horizontale peut la rencontrer plusieurs fois. C’est la traduction graphique de la différence entre image unique et antécédents éventuellement multiples.

À toi d'essayer

Pour f(x) = x² − 1 définie sur ℝ, le nombre −2 a-t-il un antécédent ? Donne une justification qui ne dépend pas du graphique.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Choisir entre formule, tableau, courbe et programme

Un tableau de valeurs donne certaines associations entre entrées et images. Il permet de lire les images des entrées indiquées et de placer des points, mais ne décrit pas forcément la fonction entre ces valeurs. Une courbe apporte une information plus globale dans une fenêtre donnée, avec une précision liée aux graduations. Une formule permet souvent un calcul exact et une démonstration. Il faut donc distinguer ce qui est connu par définition, ce qui est lu approximativement et ce qui reste impossible à déduire du support fourni.

Pour une commande de n articles avec un forfait de 2 € et un prix de 3 € par article, on peut poser u(n) = 3n + 2. Ici n est un entier naturel. Les images de 0, 1, 2, 3 et 4 sont 2, 5, 8, 11 et 14. Une commande de 1,5 article n’est pas envisagée dans ce modèle. Les points restent donc séparés sur la représentation ; les relier introduirait des entrées qui ne correspondent pas au contexte.

Le nombre d’articles est entier : seuls les points d’abscisse entière représentent des commandes possibles. On ne les relie pas ici.

Dans un programme Python, une fonction nommée cout peut prendre l’argument n et renvoyer 3*n + 2. Le nom de l’argument local peut changer sans modifier la règle. Il faut cependant distinguer une fonction mathématique et l’exécution informatique : le programme peut accepter une entrée décimale si aucun contrôle ne l’interdit, alors que le domaine choisi dans le problème contient seulement des entiers naturels. Les conditions d’entrée doivent donc être expliquées ou vérifiées explicitement.

Vers le bac : exploiter une fonction dans un problème

  1. Identifier la grandeur d’entrée, la grandeur de sortie et leurs unités.
  2. Préciser le domaine en combinant les restrictions de la formule et celles du contexte.
  3. Pour une image, remplacer l’entrée ; pour des antécédents, poser puis résoudre une équation.
  4. Contrôler le domaine des réponses et annoncer si les résultats sont exacts ou lus approximativement.

Un graphique peut aussi suggérer une erreur de calcul. Si tu trouves f(−2) = −5 pour la fonction carré diminuée de 1, la courbe montre une ordonnée positive à l’abscisse −2. Cette contradiction invite à reprendre la substitution, mais elle ne corrige pas à elle seule le calcul. L’aller-retour entre les représentations est utile parce que chaque support éclaire une propriété différente. Il ne faut jamais remplacer la lecture d’un axe par une impression de hauteur ou de largeur sans vérifier son échelle.

Attention :

Un tableau donnant f(0) = 1 et f(2) = 5 ne permet pas de déduire automatiquement f(1) = 3. Cette valeur serait vraie pour une fonction affine particulière, mais aucune règle affine n’a été fournie ici.

Relier les mots et les écritures

À toi d'essayer

Un tableau donne h(1) = 2 et h(3) = 10. Sur [1 ; 3], on propose p(x) = 4x − 2 et q(x) = x² + 1. Vérifie que les deux règles correspondent au tableau, puis décide si celui-ci impose une image unique pour l’entrée 2.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Vocabulaire

Domaine :
Ensemble des entrées pour lesquelles la fonction est définie.
Image :
Résultat associé à une entrée autorisée.
Antécédent :
Entrée autorisée dont l’image vaut un résultat donné.
Courbe représentative :
Ensemble des points (x ; f(x)) pour x dans le domaine.

Bilan des méthodes

DemandeAction
Image de aVérifier a dans le domaine puis calculer f(a).
Antécédents de bRésoudre f(x) = b sur le domaine.
Point sur une courbeComparer son ordonnée à l’image de son abscisse.
Valeur entre deux entrées du tableauNe pas inventer de règle supplémentaire.

À retenir

  • Une fonction associe une image unique à chaque entrée de son domaine.
  • Un résultat peut posséder plusieurs antécédents ou aucun.
  • La courbe rassemble les points (x ; f(x)).
  • Le domaine combine les conditions de la formule et du contexte.

Fiche de révision

Question à repérer

entrée connue ou résultat connu ?

Lecture verticale pour l’image ; lecture horizontale pour les antécédents.

Avant un quotient

exclure les zéros du dénominateur ; avant une racine : imposer un contenu positif ou nul.

Un tableau partiel ne fixe pas les valeurs entre ses colonnes.

Questions fréquentes

La lettre utilisée pour la variable change-t-elle la fonction ?

Non. Écrire f(t) = t² − 1 ou f(x) = x² − 1 décrit la même règle si le domaine est identique.

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