Calculer et transformer une expression
Une même expression peut révéler un résultat numérique, une aire ou un facteur : quelle forme choisir pour répondre ?
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- Calculer avec puissances, racines et fractions.
- Développer, réduire et factoriser en choisissant la forme utile.
- Isoler une variable et conserver les restrictions.
Une même expression peut révéler un résultat numérique, une aire ou un facteur : quelle forme choisir pour répondre ?
Transformer une expression ne signifie pas effectuer au hasard toutes les opérations possibles. Il faut conserver la même valeur pour chaque valeur autorisée des lettres, tout en faisant apparaître une information utile. Nous allons relier les règles sur les puissances, les racines, les fractions et les identités remarquables. Les exemples expliqueront comment développer, factoriser et isoler une variable. Avant tout calcul avec un quotient ou une racine, on précisera les valeurs pour lesquelles l’expression existe.
Calculer avec des puissances entières
Pour un entier naturel n non nul, aⁿ désigne le produit de n facteurs tous égaux à a. Par convention a⁰ = 1 lorsque a est non nul. Pour un entier positif n et un réel a non nul, a⁻ⁿ = 1/aⁿ. Un exposant négatif indique donc un inverse, et non un résultat négatif. Ainsi 2⁻³ = 1/8, tandis que −2³ = −8. Les parenthèses sont déterminantes : (−2)² vaut 4, mais −2² vaut −4 car le carré est calculé avant le signe placé devant.
Pour une même base non nulle et des exposants entiers m et n, aᵐ × aⁿ = aᵐ⁺ⁿ et aᵐ/aⁿ = aᵐ⁻ⁿ. Une puissance de puissance vérifie (aᵐ)ⁿ = aᵐⁿ. Ces règles portent sur des produits ou des quotients : elles ne transforment pas une somme en une seule puissance. Par exemple 2³ + 2² vaut 12, et non 2⁵. Pour des bases différentes, on peut utiliser aⁿbⁿ = (ab)ⁿ lorsque toutes les expressions considérées sont définies.
Exemple résolu
Calculer exactement A = (2³ × 2⁻⁵)/2⁻¹ puis B = 3 × 10⁴ × 2 × 10⁻⁶.
- Étape 1 : Pour A, on regroupe les puissances de 2 au numérateur : 2³ × 2⁻⁵ = 2⁻².
- Étape 2 : La division soustrait l’exposant du dénominateur : 2⁻²/2⁻¹ = 2⁻¹ = 1/2.
- Étape 3 : Pour B, on multiplie les coefficients et on additionne les exposants de 10 : 6 × 10⁻².
Résultat : A = 1/2 et B = 0,06.
Piège à éviter : Soustraire −1 revient à ajouter 1 ; remplacer −2 − (−1) par −3 donnerait une puissance incorrecte.
À toi d'essayer
Une élève écrit 5⁻² = −25. Explique son erreur puis donne la valeur exacte et son écriture décimale.
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Un exposant négatif indique l’inverse de la puissance positive. Ainsi 5⁻² = 1/5² = 1/25 = 0,04, qui est positif.
Transformer une racine sans perdre son sens
Pour a ≥ 0, √a est le nombre positif ou nul dont le carré vaut a. Pour a < 0, √a n’est pas définie dans ℝ. Si a et b sont positifs ou nuls, √a × √b = √(ab). En effet, le produit √a × √b est positif ou nul et son carré vaut ab ; il est donc, par définition, la racine carrée de ab. Cette justification utilise à la fois le carré du produit et son signe : plusieurs nombres peuvent avoir le même carré, mais une racine carrée doit rester positive ou nulle.
On peut ainsi simplifier √18 = √(9 × 2) = 3√2. Lorsque b > 0, on a également √(a/b) = √a/√b pour a ≥ 0. En revanche, une racine ne se distribue pas sur une somme : √(9 + 16) = 5, alors que √9 + √16 = 7. Enfin √(a²) = |a| pour tout réel a, car le carré efface le signe et la racine retient la longueur positive ou nulle. Ainsi √((−6)²) = 6.
Une valeur exacte comme 2√2 reste préférable à un arrondi lorsque la question demande un résultat exact. Pour additionner des racines, on commence par simplifier celles qui contiennent des facteurs carrés. Par exemple √8 + √18 = 2√2 + 3√2 = 5√2. On additionne alors des multiples du même nombre. Il ne s’agit pas d’une nouvelle règle sur les racines, mais de la distributivité que tu utilises déjà avec des lettres.
Exemple résolu
Simplifier C = √50 − 2√8 et calculer √((−3)²).
- Étape 1 : On extrait les carrés parfaits : √50 = √(25 × 2) = 5√2 et √8 = √(4 × 2) = 2√2.
- Étape 2 : On remplace dans C : C = 5√2 − 2 × 2√2 = 5√2 − 4√2.
- Étape 3 : Le carré de −3 vaut 9 et √9 désigne 3, pas −3.
Résultat : C = √2 et √((−3)²) = 3.
Piège à éviter : La racine d’un carré ne restitue pas nécessairement le nombre initial : elle restitue sa valeur absolue.
Développer ou factoriser selon la question
Développer consiste à transformer un produit en somme, en appliquant la distributivité. Par exemple (a + b)(c + d) = ac + ad + bc + bd. Réduire consiste ensuite à regrouper les termes semblables. Les termes 3x² et 5x² donnent 8x², mais 3x² et 5x ne se regroupent pas en un seul terme. Le carré d’une somme contient quatre produits avant réduction : (a + b)² = a² + ab + ba + b² = a² + 2ab + b².
Les trois identités remarquables usuelles sont (a + b)² = a² + 2ab + b², (a − b)² = a² − 2ab + b² et (a − b)(a + b) = a² − b². Elles se lisent dans les deux sens. De gauche à droite, elles développent ; de droite à gauche, elles factorisent. Pour reconnaître un carré dans une somme de trois termes, il faut vérifier le terme central. La présence de deux carrés ne suffit pas : x² + 9 n’est pas égal à (x + 3)².
Factoriser consiste à réécrire une somme comme un produit. On cherche d’abord un facteur commun : 6x² − 9x = 3x(2x − 3). Il peut aussi s’agir d’une parenthèse entière. L’expression (x + 2)(3x − 1) + 4(x + 2) devient (x + 2)(3x + 3). Pour vérifier, on redéveloppe et on compare terme à terme. Un essai numérique peut repérer une erreur, mais ne prouve pas l’égalité de deux expressions pour toutes les valeurs de x.
Exemple résolu
Factoriser D = (x + 3)² − 16, puis utiliser la forme obtenue pour calculer D lorsque x = 1.
- Étape 1 : On reconnaît une différence de deux carrés : a = x + 3 et b = 4.
- Étape 2 : On écrit D = ((x + 3) − 4)((x + 3) + 4), puis on réduit chaque facteur.
- Étape 3 : Pour x = 1, la forme factorisée contient un facteur nul ; le calcul est immédiat.
Résultat : D = (x − 1)(x + 7). Pour x = 1, D = 0.
Piège à éviter : Écrire (x + 3 − 4)² transformerait à tort une différence de carrés en carré d’une différence.
À toi d'essayer
Deux expressions sont proposées pour l’aire d’un rectangle : E = x(x + 4) et F = (x + 2)² − 4. Sont-elles égales pour toute longueur x positive ? Justifie sans te limiter à un essai.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Conserver les valeurs autorisées et isoler une variable
Une expression fractionnaire n’existe que si son dénominateur est non nul. Pour additionner deux fractions, on utilise un dénominateur commun. Par exemple, si x ≠ 0, 1/x + 2/3 = (3 + 2x)/(3x). On ne peut pas additionner les numérateurs et les dénominateurs séparément. Pour simplifier un quotient, on simplifie des facteurs communs non nuls et non des termes d’une somme. Le quotient (2x + 4)/(x + 2), défini pour x ≠ −2, se simplifie en 2 sur ce domaine seulement.
Une transformation peut rendre une expression plus simple sans élargir les valeurs initialement autorisées. À x = −2, le quotient précédent reste interdit, même si le nombre 2 existe. On garde donc la restriction à côté du résultat. Cette précaution deviendra indispensable dans les équations quotients. Elle distingue une identité valable sur un domaine précisé d’une manipulation qui oublierait les divisions par zéro.
Isoler une variable signifie réécrire une relation pour exprimer cette variable en fonction des autres. Dans U = RI, si R ≠ 0, on divise les deux membres par R et on obtient I = U/R. Dans S = πr² avec r ≥ 0, on obtient r = √(S/π) pour une aire S ≥ 0. Le choix de la racine positive vient du fait que r représente une longueur. Une formule doit être lue avec ses conditions et ses unités, pas seulement comme un déplacement de symboles.
Vers le bac : choisir une forme utile
- Lire la question avant de transformer : calculer une valeur, repérer un facteur ou isoler une grandeur demandent des formes différentes.
- Noter les restrictions liées aux dénominateurs et aux racines.
- Justifier les étapes par distributivité, identité remarquable ou règle sur les puissances.
- Contrôler le résultat par un redéveloppement et par un ordre de grandeur adapté au contexte.
Un contrôle en Python peut comparer les valeurs de deux expressions pour plusieurs nombres choisis. On utilise une boucle for et on teste aussi des valeurs négatives, zéro et des fractions lorsque le domaine les autorise. Si une différence apparaît, l’identité est réfutée. Si aucune différence n’apparaît, on conserve seulement une conjecture : un nombre fini d’essais ne remplace pas la démonstration algébrique. Les calculs approchés de l’ordinateur imposent en outre de distinguer une très petite différence numérique d’une égalité exacte.
À toi d'essayer
Dans la relation 3x + 2y = 12, exprime y en fonction de x. Un camarade propose y = 6 − 3x : comment réfuter puis corriger sa proposition ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Vocabulaire et erreurs à éviter
Vocabulaire
- Développer :
- Réécrire un produit sous forme de somme.
- Factoriser :
- Réécrire une somme sous forme de produit.
- Identité :
- Égalité vraie pour toutes les valeurs autorisées des variables.
- Valeur interdite :
- Valeur pour laquelle une expression initiale n’est pas définie.
Bilan des méthodes
| But | Forme à rechercher |
|---|---|
| Repérer une valeur qui annule une expression | Produit de facteurs. |
| Comparer les coefficients | Somme développée et réduite. |
| Calcul exact avec une racine | Extraction des facteurs carrés. |
| Exprimer une grandeur | Variable isolée avec conditions. |
Diviser une somme impose de diviser tous ses termes : (12 − 3x)/2 = 6 − 1,5x. La division ne porte pas uniquement sur le premier nombre.
À retenir
- Un exposant négatif indique un inverse ; les règles sur les puissances nécessitent des expressions définies.
- Les racines carrées se multiplient pour des nombres positifs ou nuls ; elles ne se distribuent pas sur une somme.
- Développer et factoriser conservent la même valeur sur le domaine considéré.
- Une simplification de quotient ne supprime jamais les restrictions initiales.
Fiche de révision
Pour une puissance, identifier base et exposant avant de calculer.
Pour √72, extraire 36 et obtenir 6√2 ; conserver cette forme si un résultat exact est demandé.
Pour reconnaître un carré, contrôler le double produit central.
Dans une formule à plusieurs lettres, effectuer la même opération dans les deux membres puis préciser les conditions.
Questions fréquentes
Un essai à la calculatrice démontre-t-il une identité ?
Non. Un contre-exemple suffit à la réfuter, mais une démonstration doit expliquer pourquoi l’égalité vaut pour toutes les valeurs autorisées.
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