Accorder et choisir les temps

Vérifier les accords du verbe et du participe passé, puis choisir les temps selon les relations entre les événements.

Environ 35 minutes

  • Identifier le donneur d’accord dans une phrase développée
  • Accorder les participes dans les constructions usuelles
  • Choisir un temps selon la situation et les relations temporelles
Sommaire
  1. 1. Trouver le sujet et les relations dans le groupe nominal
  2. 2. Vérifier les accords à l’intérieur d’une phrase complexe
  3. 3. Accorder les participes passés dans les cas usuels
  4. 4. Choisir les temps pour construire une chronologie
  5. 5. Vers le bac : garder la cohérence dans le discours rapporté

Un mot placé près du verbe n’est pas forcément le mot qui commande son accord.

Les accords et les temps organisent le sens de la phrase. Ils indiquent qui agit, de quoi l’on parle et comment les événements se situent les uns par rapport aux autres. Pour réviser efficacement, il ne suffit pas de relire en cherchant une impression de correction : il faut identifier les relations grammaticales. Cette leçon reprend les accords essentiels, la valeur des temps et la concordance dans les cas courants. Les phrases sont des exemples d’exercice. Les emplois plus rares se vérifient dans une grammaire ; une règle simple ne doit pas être étendue à une construction différente sans analyse.

1. Trouver le sujet et les relations dans le groupe nominal

Le verbe conjugué s’accorde en personne et en nombre avec son sujet. Le sujet peut être éloigné, placé après le verbe ou développé par plusieurs compléments. Dans Au fond de la salle apparaissent deux silhouettes, le sujet est deux silhouettes : le verbe reste au pluriel malgré sa place avant le groupe. Pour le repérer, cherche de qui ou de quoi le verbe dit quelque chose et essaie l’encadrement c’est… qui, en l’adaptant au pluriel si nécessaire. Contrôle ensuite les frontières du groupe : un nom dans un complément ne commande pas automatiquement l’accord.

Dans Chacun des élèves prépare une réponse, le noyau du sujet est chacun, au singulier. Le nom élèves appartient à son complément et n’impose pas un pluriel au verbe. À l’inverse, Léa et Sami préparent une réponse comporte deux sujets coordonnés et appelle ici le pluriel. Dans le groupe nominal, le déterminant et l’adjectif se rapportent au nom qu’ils accompagnent. Les petites notes utiles porte trois marques liées au féminin pluriel de notes. La proximité seule ne suffit pas : une expansion peut être séparée du nom ou appartenir à un autre groupe.

Exemple résolu

Complète : Au bord du chemin se dessin… les ombres des arbres.

  1. Étape 1 : Identifier le verbe se dessiner : les ombres apparaissent ou prennent forme.
  2. Étape 2 : Délimiter le sujet les ombres des arbres, dont le noyau est ombres.
  3. Étape 3 : Retenir la troisième personne du pluriel au présent.

Résultat : Au bord du chemin se dessinent les ombres des arbres. Le sujet placé après le verbe ne change pas la règle d’accord.

Piège à éviter : Accorder avec chemin, simplement parce qu’il est rencontré avant le verbe, ferait choisir le mauvais donneur d’accord.

À toi d'essayer

Complète et justifie : Chacune de ces scènes montr… un conflit.

Voir la réponse

Chacune de ces scènes montre un conflit. Le noyau du sujet est chacune, au singulier ; de ces scènes est son complément.

2. Vérifier les accords à l’intérieur d’une phrase complexe

Une proposition relative peut introduire son propre verbe. Dans Les élèves qui présentent leur lecture répondent aux questions, qui est le sujet de présentent et reprend les élèves. Les deux verbes sont au pluriel, mais ils n’ont pas le même sujet grammatical immédiat : qui pour présentent, les élèves pour répondent. Dans C’est moi qui présente, le pronom relatif reprend moi et le verbe se met à la première personne. Cette relation explique l’accord au lieu d’imposer une terminaison par simple habitude. Délimiter la relative aide donc à retrouver la phrase principale.

Dans un texte, les pronoms reprennent aussi des groupes nominaux. Vérifie que le lecteur peut reconnaître le référent et que les accords restent cohérents. Les lettres sont anciennes ; elles paraissent fragiles conserve le féminin pluriel. Si deux noms pourraient être repris par il ou elle, une répétition précise peut être préférable à un pronom ambigu. L’accord sert ici à construire la cohésion, mais il ne résout pas toutes les ambiguïtés. À la relecture, contrôle séparément l’identité de la personne ou de l’objet repris et la forme grammaticale choisie pour cette reprise.

Relire les accords sans suivre seulement l’ordre des mots

  1. Souligne chaque verbe conjugué et recherche son sujet.
  2. Délimite les groupes et les propositions qui séparent le sujet du verbe.
  3. Dans une relative introduite par qui, retrouve l’antécédent et sa personne grammaticale.
  4. Contrôle ensuite les déterminants, adjectifs et pronoms par rapport à leur nom ou référent.

3. Accorder les participes passés dans les cas usuels

Avec être, dans les constructions non pronominales, le participe passé s’accorde avec le sujet : les lettres sont arrivées. Avec avoir, il ne s’accorde pas avec le sujet ; il s’accorde avec le complément d’objet direct lorsque celui-ci est placé avant : les lettres que j’ai reçues. Dans J’ai reçu les lettres, le complément suit le participe et celui-ci reste reçu. Pour appliquer la règle, identifie le complément, pas seulement le mot qui précède. Un complément indirect introduit par à ne produit pas cet accord : les personnes auxquelles j’ai parlé ne commande pas un pluriel à parlé.

Les verbes pronominaux demandent une analyse particulière. Le simple fait de voir être ne suffit pas à justifier tous leurs accords. Compare Elles se sont lavées et Elles se sont lavé les mains. Dans la seconde phrase, le complément direct les mains est placé après ; se indique ici à qui les mains ont été lavées. Elles se sont parlé reste également sans accord : parler à quelqu’un appelle un complément indirect. Pour les autres catégories de verbes pronominaux et les constructions avec infinitif, consulte la règle propre au cas rencontré plutôt que de généraliser ces seuls exemples.

Exemple résolu

Complète : Les pages que Maya a relu… étaient abîmées.

  1. Étape 1 : Identifier l’auxiliaire avoir : l’accord éventuel dépend d’un complément direct antéposé.
  2. Étape 2 : Demander ce que Maya a relu : les pages, repris par que, complément direct de relire.
  3. Étape 3 : Constater que ce complément féminin pluriel est placé avant le participe.

Résultat : Les pages que Maya a relues étaient abîmées. Relues s’accorde avec le complément direct que, dont l’antécédent est les pages.

Piège à éviter : Accorder avec Maya ferait dépendre le participe d’avoir du sujet, ce qui ne correspond pas à la règle.

À toi d'essayer

Pourquoi écrit-on Les personnes auxquelles il a répondu, sans s à répondu ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Choisir les temps pour construire une chronologie

Un temps verbal ne correspond pas seulement à une date. Il situe un événement et indique aussi une manière de le présenter. Dans un récit au passé, l’imparfait sert souvent à montrer un état, une habitude ou un procès en cours ; le passé simple présente fréquemment un événement qui fait avancer le récit. Dans La pluie tombait quand la porte s’ouvrit, l’imparfait installe une situation et le passé simple fait survenir un événement. Ces valeurs s’interprètent dans le contexte : l’imparfait peut aussi recevoir d’autres effets et ne signifie pas systématiquement que l’action dure longtemps.

Les temps composés peuvent marquer une antériorité par rapport à un repère. Elle était partie quand il arriva place le départ avant l’arrivée passée. Elle sera partie quand il arrivera place un départ accompli avant une arrivée envisagée dans l’avenir. Le plus-que-parfait et le futur antérieur ne se choisissent donc pas parce qu’un événement paraît lointain, mais selon une relation. Pour vérifier, reconstruis trois moments : le repère d’énonciation, l’événement principal et l’événement situé avant ou après. Une petite chronologie au brouillon peut aider même lorsqu’elle n’apparaît pas dans le texte final.

Le présent possède également plusieurs emplois : moment actuel, habitude, vérité générale ou présent de narration. Dans une analyse littéraire, le présent est souvent utilisé pour décrire l’action du texte : le narrateur insiste, la scène oppose deux volontés. Il faut néanmoins conserver une cohérence et situer les faits historiques au temps adapté. Le mode indique une autre dimension que le temps : le conditionnel peut exprimer une hypothèse, mais il sert aussi à représenter un futur vu depuis un repère passé. Il ne faut donc pas attribuer automatiquement une valeur d’incertitude à toute forme conditionnelle.

5. Vers le bac : garder la cohérence dans le discours rapporté

Au discours indirect, les temps dépendent du repère choisi et du sens. Avec un verbe introducteur au passé, une simultanéité peut se rendre par l’imparfait, une antériorité par le plus-que-parfait et une postériorité par le conditionnel. Elle annonça qu’elle viendrait le lendemain présente une venue future par rapport à l’annonce passée. Le conditionnel n’est pas ici un futur incorrect : il porte la relation entre deux moments. Les indications de temps et les pronoms doivent aussi être adaptés. Le contexte peut cependant autoriser le maintien d’un présent, notamment pour une vérité toujours valable ; la transformation n’est pas purement mécanique.

Exemple résolu

Rapporte avec Elle annonça la phrase d’exercice : Je partirai demain ; j’ai déjà préparé mon sac.

  1. Étape 1 : Choisir un repère passé pour le verbe introducteur : elle annonça.
  2. Étape 2 : Situer le départ après ce repère et la préparation avant ce même moment.
  3. Étape 3 : Adapter personne, possessif et indication de jour.

Résultat : Elle annonça qu’elle partirait le lendemain et qu’elle avait déjà préparé son sac. Partirait marque le futur vu du passé ; avait préparé exprime l’antériorité de la préparation.

Piège à éviter : Conserver demain sans vérifier le repère temporel peut faire croire que le jour est calculé depuis le moment où le narrateur parle.

Pour les hypothèses usuelles, distingue Si elle vient, nous partirons et Si elle venait, nous partirions. Le premier cas envisage une condition dans l’avenir ; le second construit une hypothèse avec l’imparfait et le conditionnel. On évite le conditionnel dans la proposition de condition introduite par si dans ce modèle. Cette règle ne concerne pas tous les emplois de si : Je me demande si elle viendrait introduit une interrogation indirecte, et demande une autre analyse. Le mot de liaison doit donc être compris avant d’appliquer la règle.

Vers le bac : relire un paragraphe rédigé

  1. Vérifie d’abord qui parle et le repère temporel principal.
  2. Contrôle chaque accord avec son donneur, en isolant relatives et compléments.
  3. Pour chaque temps composé, demande quel événement est situé avant quel repère.
  4. Dans le discours rapporté, contrôle les personnes, les temps et les indications de lieu ou de jour.

À toi d'essayer

On lit : « Les lettres que Nora a envoyées étaient arrivées quand Sami appela. » Un résumé affirme que Sami appelle avant l’envoi. Reconstitue l’ordre de l’envoi, de l’arrivée et de l’appel, puis corrige ce résumé. Explique aussi la terminaison d’envoyées.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Vocabulaire

Donneur d’accord :
Élément dont les propriétés grammaticales commandent une marque d’accord.
Antécédent :
Élément repris par un pronom relatif.
Antériorité :
Relation d’un événement qui précède un repère.
Concordance :
Organisation des temps selon leurs relations et les repères du discours.
Aspect :
Manière de présenter le déroulement ou l’accomplissement d’un procès.
Attention :

Erreurs fréquentes : accorder avec le nom le plus proche ; accorder automatiquement tout participe avec être ; confondre complément direct et indirect ; corriger un conditionnel sans examiner sa valeur temporelle.

Bilan

ObserverEn déduire
Sujet éloigné ou inverséRetrouve le noyau qui commande le verbe.
Participe avec avoirCherche un complément direct placé avant.
Plusieurs tempsReconstruis les relations entre événements et repères.

À retenir

  • Le verbe s’accorde en personne et en nombre avec son sujet, même si celui-ci est éloigné ou inversé.
  • Avec avoir, le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct placé avant ; les constructions pronominales ont des règles spécifiques.
  • Le plus-que-parfait exprime une antériorité par rapport à un repère passé. Le conditionnel peut exprimer une postériorité vue depuis le passé.

Fiche de révision

Réflexe d’accord

identifier la forme, chercher le donneur, appliquer la règle du cas précis.

Réflexe temporel

placer le repère et demander avant, en même temps ou après.

Réflexe de relecture

contrôler les reprises et la cohérence du paragraphe après chaque transformation.

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