Construire et relier les propositions
Repérer les propositions, distinguer leurs relations et construire des relatives précises avec qui, que, dont ou lequel.
Environ 35 minutes
- Délimiter les propositions dans les constructions usuelles
- Distinguer liaison grammaticale et relation de sens
- Employer les pronoms relatifs adaptés à leur fonction
Une phrase longue devient plus claire quand on voit les relations qu’elle organise.
La phrase complexe permet d’articuler plusieurs informations et de hiérarchiser les idées. Elle ne consiste pas simplement à ajouter des mots de liaison. Pour la comprendre, on doit repérer les propositions, identifier les dépendances et examiner les relations de sens. En seconde, l’étude porte notamment sur la juxtaposition, la coordination, la subordination et la syntaxe des relatives. Cette leçon travaille ces constructions par observation et manipulation. Les phrases proposées sont des exemples d’exercice. L’objectif est de lire avec plus de précision et de mieux rédiger, plutôt que de donner une étiquette à chaque mot sans comprendre son rôle.
1. Repérer les noyaux de la phrase
Une proposition s’organise autour d’un prédicat, souvent un verbe conjugué dans les phrases étudiées ici. La phrase simple comporte une seule proposition ; la phrase complexe en relie plusieurs. Dans Nora ouvre le livre et elle prend des notes, deux verbes conjugués organisent deux propositions coordonnées. Attention aux temps composés : a lu constitue une seule forme verbale, pas deux propositions. De même, Il veut partir ne se découpe pas automatiquement en deux propositions parce qu’il contient deux mots verbaux. Le groupe infinitif dépend ici du verbe veut et ne possède pas de sujet propre.
Le repérage des verbes conjugués fournit donc un premier appui, pas une règle universelle valable pour toutes les constructions. Il existe des propositions infinitives et participiales dans des cas particuliers ; on les étudie avec leurs critères propres. Commence par les phrases où les noyaux conjugués sont visibles. Entoure les mots qui introduisent une dépendance, puis teste les limites de chaque groupe. Les propositions peuvent être insérées les unes dans les autres. Ne coupe pas la phrase mécaniquement à chaque virgule : une virgule peut aussi isoler une apostrophe, une apposition ou un complément déplacé.
Exemple résolu
Délimite les propositions dans Nora a lu le passage, puis elle l’a expliqué.
- Étape 1 : Repérer les formes a lu et a expliqué : chacune comporte un auxiliaire et un participe.
- Étape 2 : Identifier deux sujets exprimés, Nora puis elle, et deux contenus propositionnels.
- Étape 3 : Observer la virgule et l’adverbe puis, qui marque ici la succession.
Résultat : La phrase contient deux propositions : Nora a lu le passage ; elle l’a expliqué. Les deux temps composés ne produisent pas quatre propositions. Puis aide à comprendre la succession des actions.
Piège à éviter : Compter chaque forme d’auxiliaire et chaque participe comme un noyau autonome fausse le découpage.
À toi d'essayer
La phrase Maya avait terminé sa lecture contient-elle deux propositions à cause de avait terminé ?
Voir la réponseMasquer la réponse
Non. Avait terminé est un seul temps composé, le plus-que-parfait. La phrase comporte ici une seule proposition.
2. Distinguer les relations grammaticales et logiques
La juxtaposition relie des propositions sans mot de liaison, par une ponctuation : La porte s’ouvre ; Nora entre. La coordination utilise un coordonnant, comme et, mais, ou ou car. La subordination établit une dépendance : Nora entre parce que la porte est ouverte. Dans cette dernière phrase, parce que introduit une subordonnée qui apporte une cause. Ces constructions sont des relations grammaticales. Elles n’indiquent pas toutes à elles seules une relation de sens unique : et peut rapprocher deux faits successifs, ajouter une information ou laisser entendre un lien que le contexte doit préciser.
Une juxtaposition peut laisser comprendre la cause ou la conséquence sans les nommer. Dans La salle était vide : personne ne répondit, les deux-points invitent à relier l’état de la salle à l’absence de réponse. Le lecteur reconstruit ce rapport. En rédaction, choisis ce que tu veux rendre explicite. Parce que présente une cause dans une construction subordonnée ; donc est un adverbe de liaison qui peut annoncer une conséquence. Remplacer un lien par un autre peut modifier l’ordre du raisonnement. Un connecteur ne corrige pas une relation fausse : écrire donc entre deux faits sans rapport ne suffit pas à créer une déduction.
Choisir une liaison pour préciser sa pensée
- Écris d’abord les deux idées séparément.
- Nomme la relation souhaitée : succession, ajout, cause, conséquence, opposition ou condition.
- Choisis une construction compatible avec cette relation et les formes de la phrase.
- Relis le résultat : vérifie que le lien est réellement justifié, et pas seulement suggéré par un mot.
Exemple résolu
Relie La salle est fermée et Les lecteurs attendent en exprimant d’abord une cause, puis une conséquence.
- Étape 1 : Pour la cause, placer l’attente dans la proposition principale et expliquer sa raison.
- Étape 2 : Pour la conséquence, partir de la fermeture puis présenter ce qu’elle entraîne.
- Étape 3 : Vérifier que les deux reformulations gardent le lien choisi.
Résultat : Les lecteurs attendent parce que la salle est fermée. La salle est fermée ; donc les lecteurs attendent. La première phrase subordonne la cause ; la seconde met en avant une conséquence avec un adverbe de liaison.
Piège à éviter : Employer pourtant ferait attendre une opposition à une conséquence normalement envisagée, et non le lien causal demandé.
3. Construire une relative et identifier son pronom
La proposition subordonnée relative apporte une information sur un antécédent, généralement un nom ou un groupe nominal. Dans Le livre que je lis est court, la relative que je lis complète livre. Le pronom que reprend cet antécédent et exerce une fonction dans la relative : je lis quoi ? le livre, donc que est complément d’objet direct de lis. La relative entière et le pronom relatif n’ont pas le même rôle. Pour les distinguer, isole la phrase principale, puis reconstruis la phrase simple qui correspond à la relative : je lis le livre.
Qui s’emploie notamment comme sujet : le livre qui me plaît. Que est complément direct : le livre que je découvre. Dont peut correspondre à un complément construit avec de : le livre dont je parle, car on parle de ce livre. Où peut exprimer un lieu ou un repère temporel : la salle où je lis, le jour où je suis venue. Ce ne sont pas les personnes ou les choses qui décident seules du choix entre qui et que. Le livre qui plaît et la personne que je rencontre montrent que la fonction grammaticale est déterminante.
Après une préposition, on utilise selon les cas qui, pour une personne, ou une forme de lequel. On écrit la table sur laquelle je travaille, les amis avec lesquels je viens. À et de se contractent dans certaines formes : auquel, auxquels, duquel, desquels. Le pronom s’accorde alors avec l’antécédent. La relative ne doit pas répéter inutilement cet antécédent par un second pronom : le livre dont je parle, et non le livre dont j’en parle. Reconstruire la phrase simple fait souvent apparaître ce doublon, puisque dont correspond déjà au groupe de ce livre.
À toi d'essayer
Relie : Voici le roman. Je me souviens de ce roman.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Déjouer les ambiguïtés et les faux rapprochements
Dans La chercheuse que le journaliste interroge explique son travail, que est un pronom relatif : il reprend la chercheuse et remplit la fonction de complément direct d’interroge. Dans Je pense que la chercheuse explique son travail, que est une conjonction de subordination : il ne reprend aucun antécédent et n’exerce pas de fonction à l’intérieur de la subordonnée. Celle-ci complète ici pense. Le même mot écrit peut donc introduire deux constructions différentes. Le test de reconstruction est utile : dans la relative, on retrouve un groupe repris ; dans la conjonctive, la proposition apporte un contenu sans reprise d’antécédent.
La place de la relative et la ponctuation peuvent modifier le sens. Les élèves qui ont terminé sortent sélectionne un groupe parmi les élèves : ceux qui ont terminé. Dans Les élèves, qui ont terminé, sortent, la relative détachée apporte une information sur l’ensemble désigné. Le contexte doit rendre ce choix clair. De même, éloigner trop la relative de son antécédent peut créer une hésitation. Si plusieurs noms peuvent être repris, rapproche la relative du nom visé ou reformule. Une phrase plus courte est parfois préférable à une accumulation de dépendances que le lecteur doit deviner.
Exemple résolu
Corrige Le dossier dont j’en connais le contenu est complet et explique la faute.
- Étape 1 : Reconstruire la relation : je connais le contenu du dossier.
- Étape 2 : Identifier dont comme reprise de du dossier, complément du nom contenu.
- Étape 3 : Supprimer en, qui répète cette relation dans la phrase relative.
Résultat : Le dossier dont je connais le contenu est complet. Dont remplit déjà le rôle de reprise ; conserver en créerait un doublon. La fonction est ici complément du nom contenu, et non complément direct de connais.
Piège à éviter : Attribuer toujours à dont la même fonction oublie que le groupe en de peut dépendre d’un verbe, d’un nom ou d’un adjectif.
5. Vers le bac : utiliser la syntaxe dans une analyse
L’étude grammaticale sert à comprendre les textes. Une relative peut sélectionner une catégorie, ajouter un portrait ou retarder l’arrivée du verbe principal. Une succession de propositions brèves peut accélérer la perception des actions ; une construction subordonnée peut hiérarchiser raisons et conséquences. Aucun effet n’est automatique. Tu dois relier une forme précise à la situation du passage. Au lieu d’écrire seulement la phrase est complexe, explique quelle dépendance elle organise et ce que le lecteur doit garder en mémoire pendant la lecture. La description grammaticale devient ainsi une preuve pour l’interprétation.
Dans ton propre commentaire, les liaisons doivent aussi refléter les relations entre les idées. Écrire en effet annonce une justification de ce qui précède ; cependant attend une limite ou une opposition. Si le paragraphe suivant change simplement d’exemple, un connecteur d’opposition peut tromper ton lecteur. Relis donc en reformulant chaque lien : ceci explique cela, ceci en découle ou ceci le nuance. Si tu ne peux pas nommer le rapport, cherche si les idées sont mal ordonnées ou si une phrase intermédiaire manque. La correction syntaxique et la cohérence du raisonnement se construisent ensemble.
Vers le bac : répondre à une question de grammaire
- Délimite exactement le groupe ou la proposition demandé.
- Donne sa nature, puis précise sa fonction sans les confondre.
- Justifie par le mot introducteur, la dépendance et une reconstruction ou manipulation pertinente.
- Explique l’apport de la construction au sens lorsque la consigne le demande.
À toi d'essayer
Dans J’interroge la sœur de Paul qui prépare un exposé, l’identité de la personne qui prépare reste incertaine. Réécris deux versions sans ambiguïté : l’une où il s’agit de la sœur, l’autre où il s’agit de Paul.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Vocabulaire
- Proposition :
- Unité construite autour d’un prédicat et pouvant entrer en relation avec d’autres.
- Antécédent :
- Élément repris par un pronom relatif.
- Subordination :
- Relation de dépendance entre une proposition et un élément de la phrase.
- Fonction :
- Rôle grammatical d’un élément dans une construction.
- Connecteur :
- Élément qui explicite une relation entre des idées ou des parties du texte.
Erreurs fréquentes : compter un temps composé comme deux verbes autonomes ; choisir qui pour toute personne ; répéter dont par en ; confondre pronom relatif, conjonction et fonction de la subordonnée entière.
Bilan
| Observer | En déduire |
|---|---|
| Deux propositions sont reliées | Nomme la construction et la relation de sens. |
| Un pronom relatif est choisi | Reconstruis la fonction depuis la phrase simple. |
| La phrase devient ambiguë | Rapproche les dépendances ou reformule. |
À retenir
- La juxtaposition relie des propositions par la ponctuation ; la coordination emploie un coordonnant ; la subordination établit une dépendance.
- Le pronom relatif reprend un antécédent et exerce une fonction dans la relative.
- La conjonction que ne reprend pas d’antécédent et n’exerce pas de fonction à l’intérieur de la subordonnée qu’elle introduit.
Fiche de révision
Au brouillon
noyaux, frontières, dépendances, puis relations de sens.
Pour une relative
retrouve l’antécédent, reconstruis la phrase simple, choisis la reprise adaptée.
En relecture
contrôle les doublons, la place des relatives et la pertinence de chaque connecteur.
Et maintenant ?
Tu as lu le cours. L’étape suivante tient en une action.
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