Se localiser et lire une carte numérique
Comprendre la localisation par satellite, décoder des coordonnées, choisir des couches de carte et comparer des itinéraires.
Environ 55 minutes
- Décrire la localisation par distances aux satellites et ses limites
- Décoder des coordonnées dans une phrase NMEA construite
- Choisir une couche cartographique et vérifier sa date
- Comparer des itinéraires dans un graphe pondéré et régler le partage de position
Une position affichée sur une carte est-elle une certitude ?
Un téléphone combine des signaux, un calcul de coordonnées, des données cartographiques et un algorithme de trajet. Chacune de ces étapes a ses sources et ses limites. Cette leçon montre comment lire le résultat sans confondre la mesure, la carte et le chemin proposé.
Des signaux à une position estimée
Se localiser consiste à estimer une position dans un repère, souvent par une latitude et une longitude. La latitude mesure l’écart angulaire au nord ou au sud de l’équateur ; la longitude, l’écart vers l’est ou l’ouest à partir d’un méridien de référence. Une position n’est pas un itinéraire. Un récepteur satellitaire fournit des coordonnées estimées ; une application de carte les place ensuite sur une représentation de routes, bâtiments ou reliefs. Il faut séparer ces opérations, car une bonne coordonnée sur une carte mal renseignée peut conduire à une indication trompeuse.
Les satellites de navigation émettent des signaux contenant notamment une information de temps. Le récepteur estime le temps de trajet du signal, puis une distance apparente à plusieurs satellites. En trois dimensions, il recherche une position compatible avec ces mesures et corrige aussi l’erreur de son horloge ; plusieurs satellites, généralement au moins quatre pour la solution complète, sont nécessaires. Ce calcul relève de la trilatération, fondée sur des distances, plutôt que d’une triangulation fondée sur des angles. Le GPS est un système américain ; Galileo est un autre système de navigation par satellite. Un téléphone peut aussi utiliser d’autres indices, comme des réseaux proches.
Le dessin réduit le problème à un plan pour rendre le principe visible. Les centres A et B sont distants de 150 unités ; leurs cercles de rayon environ 93 unités se coupent en deux points. Le troisième cercle, centré en C avec un rayon de 75 unités, ne passe que par le point rouge commun aux trois. Les centres et rayons du dessin sont fictifs et calculés ; les vrais systèmes utilisent des satellites en trois dimensions, des mesures imparfaites et des corrections d’horloge. Le schéma ne donne donc pas la précision réelle d’un téléphone.
En ville, les bâtiments peuvent masquer ou réfléchir des signaux, ce qui dégrade la précision. Une application peut afficher un cercle d’incertitude ou déplacer visuellement le point sur une rue proche. Ne lis donc pas une position affichée comme une coordonnée exacte. Pour rejoindre un lieu, vérifie le nom de la rue, le contexte et les conditions réelles. Les services de navigation peuvent être utiles, mais une carte n’observe pas en permanence chaque obstacle. La prudence humaine reste nécessaire.
À toi d'essayer
Deux cercles se coupent en deux points. Pourquoi une seule mesure de distance supplémentaire peut-elle aider à choisir entre eux ?
Coup de pouce : Une distance place le récepteur sur un cercle dans le modèle plan.
Voir la réponseMasquer la réponse
Si le troisième cercle passe par un seul des deux points, il élimine l’autre possibilité dans ce modèle plan. Dans la réalité, on travaille en trois dimensions et avec des erreurs de mesure.
Lire des coordonnées et une trame
Une coordonnée s’écrit souvent en degrés décimaux, par exemple latitude 48,12° N et longitude 2,35° E. D’autres dispositifs utilisent des degrés et minutes. Une minute d’angle vaut un soixantième de degré : 7,2 minutes correspondent à 7,2 ÷ 60 = 0,12 degré. Il faut respecter le signe ou la lettre de direction : le nord et l’est sont positifs dans la convention décimale courante ; le sud et l’ouest correspondent à des valeurs négatives. Une inversion latitude-longitude peut placer un point très loin de l’endroit attendu.
Le protocole NMEA 0183 permet de transmettre des données de navigation sous forme de phrases de champs séparés par des virgules. Voici une phrase GGA construite pour l’exercice : $GPGGA,123000,4807.200,N,00221.000,E,1,08,0.9,35.0,M,0.0,M,,*4D. Dans ce type de phrase, 4807.200,N représente 48 degrés et 7,200 minutes nord ; 00221.000,E représente 2 degrés et 21,000 minutes est. Le suffixe après l’astérisque est une somme de contrôle, et non une coordonnée. Une trame réelle contient aussi d’autres champs sur la qualité de la position et l’altitude ; leur interprétation demande la documentation du type de phrase.
Exemple résolu
Décode les champs 4807.200,N et 00221.000,E d’une phrase GGA construite. Donne les coordonnées en degrés décimaux.
- Étape 1 : Pour la latitude, séparer 48 degrés et 7,200 minutes, puis convertir les minutes : 7,200 ÷ 60 = 0,120 degré.
- Étape 2 : Pour la longitude, séparer 002 degrés et 21,000 minutes, puis convertir : 21,000 ÷ 60 = 0,350 degré.
- Étape 3 : Appliquer les directions N et E, positives dans la convention utilisée ; vérifier l’ordre latitude puis longitude.
Résultat : Latitude 48,12° N ; longitude 2,35° E, soit le couple décimal (48,12 ; 2,35). Ce résultat décode la phrase construite, sans prétendre nommer un lieu précis.
Piège à éviter : Lire 4807.200 comme 4 807,2 degrés ou comme 48,072 degré ferait une erreur de format.
Une photographie peut aussi contenir des métadonnées EXIF de localisation si l’appareil les a enregistrées. La date, la position et les informations techniques ne sont pas toujours présentes ; leur absence ne prouve pas que la photo n’a jamais été localisée par ailleurs. Si elles sont présentes, partager la photo peut révéler un lieu privé. Dans une activité, on peut consulter les métadonnées d’un fichier personnel dont on a le droit de disposer, puis comparer avec la carte. Ne prélève pas les coordonnées d’une autre personne sans son accord pour les diffuser.
À toi d'essayer
Une trame donne 4330.000,N et 00115.000,W. Écris les coordonnées décimales avec les signes.
Coup de pouce : Convertis les minutes en divisant par 60, puis applique la direction.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Superposer des couches, comparer les sources
Une carte numérique combine plusieurs couches d’information : fond topographique, photographies aériennes, routes, transports, relief ou limites administratives. Activer une couche ne change pas la position géographique d’un lieu ; cela change les informations visibles. À petite échelle, certaines étiquettes et routes secondaires sont masquées pour éviter la surcharge ; en zoomant, davantage de détails apparaissent. La représentation d’une route conserve une épaisseur lisible à l’écran, même si son épaisseur réelle n’est pas celle du dessin. On ne mesure donc pas une largeur de chaussée à partir de l’épaisseur du trait.
Pour exploiter un Géoportail, choisis d’abord la zone et l’échelle, puis active la couche correspondant à la question. Un fond photographique peut aider à repérer une forme de terrain ; une couche de transports aide à lire des voies ; une couche de relief décrit d’autres propriétés. Compare la date et la source de chaque couche : une photographie et un tracé de route n’ont pas forcément été produits le même jour. Une information cartographique collaborative peut être mise à jour par des contributeurs ; il faut vérifier sa licence et ses règles avant de la modifier ou de la réutiliser.
OpenStreetMap permet une contribution collaborative à une base cartographique. Pour proposer une correction, il faut observer le terrain ou disposer d’une source autorisée, décrire précisément l’objet et respecter les règles du projet. Copier une carte protégée pour la transcrire n’est pas acceptable. Après une modification, d’autres contributeurs peuvent la discuter ou la corriger. Cette coopération est utile parce que le monde change, mais elle ne garantit pas que chaque donnée soit exacte à chaque instant. Une route coupée ou un chemin privé doit être vérifié sur place avant de s’y engager.
Exemple résolu
Sur un portail, une photographie aérienne ancienne montre un terrain vide tandis qu’une couche de bâtiments plus récente montre un gymnase. Comment expliques-tu l’écart ?
- Étape 1 : Identifier la date et le producteur de chaque couche au lieu de supposer qu’elles décrivent le même instant.
- Étape 2 : Formuler deux hypothèses compatibles : construction entre les dates ou erreur de l’une des couches.
- Étape 3 : Comparer avec une source récente et fiable ou une observation autorisée du lieu avant de conclure.
Résultat : Les couches peuvent avoir des dates différentes ; l’écart ne prouve pas à lui seul que l’une est fausse. Une vérification datée permet de trancher.
Piège à éviter : Prendre une image ancienne pour une vue en direct conduirait à conclure trop vite.
À toi d'essayer
Tu veux repérer une pente à vélo. Une couche des limites communales suffit-elle ? Quelle couche demanderais-tu ?
Coup de pouce : Relie la question à la grandeur que la couche représente.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Choisir un trajet et protéger sa position
Un calcul d’itinéraire peut être représenté par un graphe : les carrefours sont des sommets et les trajets possibles des arêtes portant un coût, par exemple une durée. Le trajet le plus court en distance géométrique n’est pas toujours le plus rapide en minutes. Le mode de transport, les sens de circulation, les horaires et les travaux changent les choix possibles. Une application cherche un chemin au coût minimal selon les données et les critères qu’on lui donne ; elle ne peut pas garantir que le temps futur sera exactement celui annoncé.
Le graphe fictif de la figure donne cinq durées. De A à D, A–B–D coûte 6 + 7 = 13 minutes. A–C–D coûte 4 + 11 = 15 minutes. Le détour A–C–B–D coûte 4 + 5 + 7 = 16 minutes. Le plus rapide dans ce modèle est donc A–B–D. Ce n’est pas une carte de rues réelles : les positions dessinées servent à distinguer les carrefours, et seules les durées écrites donnent le coût des trajets. En cas de fermeture de l’arête B–D, il faut recalculer parmi les chemins encore possibles.
Exemple résolu
Une route B–D est fermée dans le graphe. Quel est alors le trajet le plus rapide de A à D ?
- Étape 1 : Retirer B–D de la liste des arêtes utilisables, sans modifier les autres durées.
- Étape 2 : Comparer les chemins restants : A–C–D vaut 4 + 11 = 15 ; A–B–C–D vaut 6 + 5 + 11 = 22.
- Étape 3 : Choisir le minimum 15 et préciser que le résultat dépend de ce graphe et de ces durées.
Résultat : Le trajet A–C–D prend 15 minutes et devient le plus rapide parmi les routes dessinées qui restent ouvertes.
Piège à éviter : Garder le coût 13 de l’ancien trajet malgré la fermeture reviendrait à utiliser une arête interdite.
La localisation est aussi une donnée personnelle lorsqu’elle se rapporte à une personne identifiable. Une application peut demander l’accès à la position pendant son usage, en permanence ou jamais, selon les réglages disponibles. Examine l’autorisation du téléphone, le partage de position dans l’application et l’historique éventuel : ces trois paramètres ne sont pas la même chose. Une photographie géolocalisée ou un trajet partagé peut dévoiler un domicile ou une habitude. Pour une tâche ponctuelle, autoriser l’accès pendant l’utilisation et arrêter un partage devenu inutile limite l’exposition, sans effacer automatiquement les données déjà reçues par le service.
Vers le bac : justifier une localisation ou un itinéraire
- Annonce ce qui est mesuré ou modélisé : coordonnées, distances aux émetteurs, couche de carte ou coût des arêtes.
- Effectue le calcul demandé en montrant unités, directions et chemins comparés.
- Sépare le résultat du modèle de la situation réelle : précision, date de la carte et fermeture possible.
- Termine par une vérification ou un réglage de confidentialité adapté à l’usage.
Vocabulaire
- Latitude :
- Coordonnée angulaire au nord ou au sud de l’équateur.
- Longitude :
- Coordonnée angulaire à l’est ou à l’ouest d’un méridien de référence.
- Trilatération :
- Recherche d’une position à partir de distances à plusieurs points connus.
- GPS :
- Système américain de navigation par satellite ; il ne fournit pas à lui seul une carte routière.
- Galileo :
- Système européen de navigation par satellite.
- Couche cartographique :
- Ensemble d’informations géographiques d’un type donné affiché sur une carte.
- NMEA 0183 :
- Format de phrases permettant de transmettre des données de navigation.
- Graphe pondéré :
- Graphe dont les arêtes portent un coût, comme une durée de trajet.
Erreurs fréquentes : dire que le GPS donne une position exacte ; confondre coordonnées et itinéraire ; lire des minutes NMEA comme des décimales de degré ; croire qu’une photographie aérienne est une vue en direct ; comparer des trajets sans tenir compte des arêtes fermées ; penser que refuser l’accès futur efface les positions déjà reçues.
Bilan
| Question | Vérification utile |
|---|---|
| Où suis-je ? | Système de coordonnées, précision et source du signal. |
| Que montre la carte ? | Couche, légende, date et échelle. |
| Quel trajet choisir ? | Coût des chemins et contraintes de circulation. |
| Qui voit ma position ? | Autorisations, partage et historique. |
À retenir
- La localisation satellitaire estime une position à partir de distances à plusieurs satellites et d’une correction d’horloge.
- Latitude et longitude désignent une position ; les minutes d’angle se divisent par 60 pour obtenir des degrés décimaux.
- Une carte numérique affiche des couches de données dont il faut vérifier la légende, la source, la date et l’échelle.
- Un itinéraire peut être modélisé par un graphe pondéré ; on compare les coûts des chemins encore utilisables.
- La position peut être personnelle : autorisation du téléphone, partage de l’application et historique se règlent séparément.
Fiche de révision
Pour un signal satellitaire, pense « distance à plusieurs émetteurs », puis demande quelle incertitude demeure. La carte est une autre source de données.
Pour passer des degrés et minutes aux degrés décimaux, conserve les degrés et ajoute les minutes divisées par 60 ; applique N, S, E ou W.
Pour lire une carte, choisis la couche qui répond à la question et contrôle sa date. Une photographie ancienne ne décrit pas le présent.
Pour comparer des trajets, additionne les coûts des arêtes de chaque chemin possible. Vérifie les fermetures et le mode de transport.
Questions fréquentes
Le GPS calcule-t-il le meilleur trajet ?
Non. Il aide à estimer une position ; une application combine cette position avec une carte et un algorithme de recherche de trajet.
Pourquoi une coordonnée affichée peut-elle être incertaine ?
Les signaux peuvent être masqués ou réfléchis et les mesures comportent des erreurs ; la position est une estimation.
Désactiver la localisation efface-t-il mes anciens trajets ?
Pas nécessairement. Il faut aussi examiner l’historique et les données déjà enregistrées par chaque service.
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