Mobiliser la grammaire en situation

Choisir le bon temps et le bon mode en espagnol pour décrire, raconter, exprimer une volonté, un but ou une concession, dans le cadre d'un projet de quartier fictif.

Environ 55 minutes

  • Utiliser le présent pour décrire un lieu, des personnes et une situation actuelle
  • Distinguer imparfait (décor, durée, habitude) et prétérit (événement ponctuel) pour raconter
  • Employer querer que et para que + subjonctif présent quand les sujets sont différents, et l'infinitif quand le sujet est le même
  • Choisir l'indicatif ou le subjonctif après aunque selon qu'il s'agit d'un fait avéré ou d'une hypothèse
  • Comprendre que le subjonctif exprime la non-assertion et non l'irréel
  • Réutiliser ces outils dans une courte production écrite cohérente (LVB A2+, LVA B1+)
Sommaire
  1. Décrire le quartier avec le présent
  2. Raconter une première démarche : imparfait et prétérit
  3. Exprimer une volonté et un but : querer que et para que
  4. Répondre à un obstacle avec aunque et comprendre le subjonctif
  5. Mobiliser tous ces outils dans une production

Connaître une règle ne suffit pas : il faut savoir la choisir au bon moment, pour dire exactement ce que l'on veut dire.

Le programme de langues vivantes de seconde (BO n°22 du 29 mai 2025) demande de réutiliser les outils linguistiques dans des tâches de communication, et pas seulement de les réciter. Cette leçon s'appuie sur un atelier fictif : une classe imagine un projet pour son quartier, La Ribera. Il faut décrire le lieu (présent), raconter une première démarche (imparfait et prétérit), formuler des souhaits et des buts (querer que, para que + subjonctif) et répondre à un obstacle (aunque). Les niveaux visés sont A2+ en LVB et B1+ en LVA. Les mêmes structures servent aux deux, mais la longueur, la variété et l'autonomie attendues ne sont pas les mêmes.

Décrire le quartier avec le présent

Pour présenter le point de départ du projet, on décrit avec le présent de l'indicatif. Ce temps sert à parler d'un état de choses actuel, de ce qui existe, d'habitudes présentes et de vérités générales. Voici le premier document de l'atelier.

Document 1 – Ficha del barrio : « Nuestro barrio se llama La Ribera. Es un barrio tranquilo, pero tiene problemas. Hay una plaza pequeña con dos bancos rotos y una fuente que no funciona. Al lado de la plaza está un antiguo local vacío. Los vecinos son simpáticos, pero los jóvenes no tienen un lugar para reunirse. »

Le texte montre trois verbes à ne pas confondre. Ser donne une identité ou une qualité (es un barrio tranquilo). Estar situe ou décrit un état (el local está vacío). Hay signale l'existence (hay una plaza). On repère aussi des verbes irréguliers très fréquents : tener (tiene, tienen) et la forme funciona, de funcionar. En LVB, l'objectif est de produire des phrases claires et correctes. En LVA, on ajoute des liens logiques (pero, sin embargo, por eso) et des détails précis.

Vocabulaire

el barrio :
le quartier
el vecino / la vecina :
le voisin / la voisine, l'habitant du quartier
el local :
le local, le petit espace commercial ou associatif
el ayuntamiento :
la mairie
el alcalde / la alcaldesa :
le maire / la maire
la reunión :
la réunion
el presupuesto :
le budget
la subvención :
la subvention, l'aide financière
mejorar :
améliorer
proponer :
proposer

Raconter une première démarche : imparfait et prétérit

Document 2 – Diario de la clase : « El sábado pasado, cuando llegamos a la plaza, llovía y casi no había gente. Marta llevaba un cartel grande y Hugo hablaba con una vecina. De repente, un señor abrió la ventana y nos dijo que el local era del ayuntamiento. Entonces decidimos escribir una carta al alcalde. »

L'imparfait (llovía, había, llevaba, hablaba, era) installe le décor : la météo, les personnes présentes, les actions en cours, les descriptions et les habitudes dans le passé. Le prétérit (llegamos, abrió, dijo, decidimos) fait avancer le récit avec des événements ponctuels, terminés, qui s'enchaînent. Des repères aident à choisir. Ayer, el sábado pasado, de repente, entonces et un día appellent souvent le prétérit. Mientras, siempre, todos los días et antes appellent souvent l'imparfait. Ces repères ne remplacent pas la réflexion : on se demande toujours si l'on décrit un cadre ou si l'on raconte un événement.

Exemple résolu

Complète le récit en mettant les verbes au temps qui convient : « Cuando (llegar, nosotros) al local, la puerta (estar) abierta y un niño (jugar) dentro. Nosotros (entrar) y (hablar) con él. »

  1. Étape 1 : Cuando llegamos au local : c'est un événement ponctuel qui lance la scène, donc prétérit (llegamos).
  2. Étape 2 : La puerta estaba abierta : c'est un état, donc imparfait (estaba).
  3. Étape 3 : Un niño jugaba dentro : action en cours au moment de l'arrivée, donc imparfait (jugaba).
  4. Étape 4 : Entramos et hablamos : deux événements successifs, donc prétérit.

Résultat : Cuando llegamos al local, la puerta estaba abierta y un niño jugaba dentro. Entramos y hablamos con él.

Piège à éviter : Écrire « la puerta estuvo abierta » sans durée précisée, ou « llegábamos » pour un fait unique : l'état de la porte est un décor, et l'arrivée est un événement.

À toi d'essayer

Complète au passé : « Ayer, en la reunión, (haber) veinte personas y el ambiente (ser) tranquilo. De repente, una vecina (levantarse) y (decir) que el proyecto (ser) demasiado caro. »

Coup de pouce : Sépare le décor (nombre de personnes, ambiance), qui prend l'imparfait, des actions soudaines après de repente, qui prennent le prétérit. Dans la subordonnée, que el proyecto era demasiado caro rapporte un jugement au passé : imparfait.

Voir la réponse

Ayer, en la reunión, había veinte personas y el ambiente era tranquilo. De repente, una vecina se levantó y dijo que el proyecto era demasiado caro.

Exprimer une volonté et un but : querer que et para que

Le projet avance : les élèves veulent que d'autres personnes agissent. L'espagnol distingue alors deux cas. Si le sujet est le même dans les deux verbes, on utilise l'infinitif : Quiero participar. Marta quiere organizar una fiesta. Si les sujets sont différents, on utilise que + subjonctif : Quiero que participes. Marta quiere que Hugo organice una fiesta. La même logique s'applique à la finalité : para + infinitif quand le sujet est le même (Escribimos una carta para pedir ayuda), para que + subjonctif quand il change (Escribimos una carta para que el alcalde nos escuche).

Au présent du subjonctif, les verbes en -ar prennent les terminaisons en -e (organizar : organice, organices, organice, organicemos, organicéis, organicen) et les verbes en -er et -ir celles en -a (venir : venga, vengas, venga, vengamos, vengáis, vengan). On part de la forme yo du présent : tengo donne tenga, hago donne haga, digo donne diga, pongo donne ponga. Les verbes à diphtongue gardent leur alternance : quiero donne quiera, puedo donne pueda, vuelvo donne vuelva, pido donne pida. Quelques verbes sont irréguliers : ser (sea), ir (vaya), estar (esté), saber (sepa), dar (dé). Attention aux changements orthographiques : organizar donne organice, buscar donne busque, pagar donne pague.

Exemple résolu

Complète : 1. Marta quiere (Marta, organizar) una fiesta. 2. Marta quiere (Hugo, organizar) una fiesta. 3. Escribimos un cartel para (todos, ver) la fecha. 4. Escribimos un cartel para (nosotros, informar) a los vecinos.

  1. Étape 1 : Compare les sujets des deux verbes dans chaque phrase.
  2. Étape 2 : Phrase 1 : Marta veut et Marta organise, même sujet, donc infinitif.
  3. Étape 3 : Phrase 2 : Marta veut mais Hugo organise, sujets différents, donc que + subjonctif présent : organice (organizar donne organice, avec c devant e).
  4. Étape 4 : Phrase 3 : le but concerne todos, qui n'est pas le sujet de escribimos, donc para que + subjonctif : vean.
  5. Étape 5 : Phrase 4 : le sujet est nosotros dans les deux cas, donc para + infinitif.

Résultat : 1. Marta quiere organizar una fiesta. 2. Marta quiere que Hugo organice una fiesta. 3. Escribimos un cartel para que todos vean la fecha. 4. Escribimos un cartel para informar a los vecinos.

Piège à éviter : Écrire « Marta quiere que organice una fiesta » en pensant à Marta elle-même : cette phrase sous-entend une autre personne. Autre erreur : « Marta quiere que Hugo organiza » avec l'indicatif.

Attention :

Erreurs fréquentes : 1) « Quiero que vienes » au lieu de « Quiero que vengas ». 2) « Quiero que yo participe » au lieu de « Quiero participar ». 3) « para que informar » : après para que il faut un verbe conjugué au subjonctif. 4) Confondre decir que + indicatif, qui transmet une information (Dice que viene), et decir que + subjonctif, qui donne un ordre (Dice que vengas).

Répondre à un obstacle avec aunque et comprendre le subjonctif

Aunque exprime la concession : « même si », « bien que ». Le choix du mode dépend de la manière dont le locuteur présente l'obstacle. Si le fait est réel, connu ou affirmé, on emploie l'indicatif : Aunque llueve, vamos a la plaza (il pleut en ce moment). Si l'obstacle est hypothétique, futur ou incertain, on emploie le subjonctif : Aunque llueva mañana, iremos a la plaza (on ne sait pas s'il pleuvra). Après aunque, on n'emploie pas le futur pour l'hypothèse : on utilise le présent du subjonctif, et la proposition principale peut être au futur.

Exemple résolu

Choisis le bon mode : a) Aunque hoy (hacer) mucho frío, la plaza está llena. b) Aunque mañana (hacer) frío, haremos la reunión fuera. c) No sabemos si habrá subvención, pero aunque no (haber) subvención, haremos la fiesta.

  1. Étape 1 : a) Le froid d'aujourd'hui est constaté (la plaza está llena) : indicatif, hace.
  2. Étape 2 : b) Mañana renvoie à l'avenir, donc à une hypothèse : subjonctif, haga.
  3. Étape 3 : c) No sabemos si indique que la subvention est incertaine : subjonctif, haya (haber donne haya).

Résultat : a) hace ; b) haga ; c) haya.

Piège à éviter : Écrire « aunque mañana hará frío » : après aunque, pour une hypothèse future, on utilise le présent du subjonctif. L'autre erreur est de croire que le subjonctif veut dire « faux » ou « impossible ».

Le subjonctif n'est pas synonyme d'irréel. Il marque que l'on n'asserte pas le contenu de la subordonnée : on le désire, on le demande, on le vise comme but, on l'imagine ou on le commente. Il peut donc concerner un fait réel : Me alegro de que el ayuntamiento haya aceptado (l'acceptation a eu lieu). Il peut concerner un événement tout à fait possible : Quiero que vengas (rien ne dit que tu ne viendras pas). À l'inverse, l'indicatif peut rapporter une information fausse : Dicen que el local es gratis (c'est peut-être inexact, mais on le dit à l'indicatif). Le mode donne l'attitude du locuteur face au contenu, pas la valeur de vérité du fait.

À toi d'essayer

Traduis en espagnol : a) Même s'il est tard (il est 22 h maintenant), les voisins discutent encore. b) Même s'il n'y a pas assez d'argent (c'est une hypothèse), nous commencerons le projet.

Coup de pouce : Pour a), le fait est constaté, donc indicatif. Pour b), il s'agit d'une possibilité, donc subjonctif présent de haber, haya. Pour « commencer », empezar donne empezaremos au futur.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Mobiliser tous ces outils dans une production

Vers le bac : réussir une courte production écrite en situation

  1. Lis la consigne et note le destinataire, l'objectif et le registre : une lettre à un alcalde appelle usted et un ton poli.
  2. Prévois un plan en trois temps : décrire la situation actuelle (présent), évoquer un fait ou un souvenir (imparfait et prétérit), formuler une demande ou un but (querer que, para que).
  3. Choisis les outils nécessaires et fais ensuite un tri : au moins une description, un passé avec décor et événement, une volonté avec sujets différents et une concession avec aunque.
  4. Rédige avec des connecteurs simples : primero, luego, de repente, pero, por eso, aunque.
  5. Relis en vérifiant quatre points : les sujets (infinitif ou subjonctif ?), les terminaisons du subjonctif, le choix imparfait ou prétérit, les accords.
  6. Reformule une phrase risquée par une phrase plus simple si tu n'es pas sûr de la forme : mieux vaut un texte exact qu'un texte ambitieux et fautif.

À toi d'essayer

Rédige un message de 70 à 90 mots, adressé à l'alcalde, pour proposer un jardin partagé sur un terrain vide. Utilise : une description au présent, un souvenir au passé (imparfait et prétérit), querer que, para que et aunque.

Coup de pouce : Suis le plan en trois temps : description avec hay et es, souvenir avec un imparfait de décor (éramos, jugábamos) puis un prétérit d'événement (puso, volvió), demande avec queremos que et para que. N'oublie pas que les sujets sont différents : nosotros et usted, puis los vecinos et los niños.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Attention :

Erreurs fréquentes à relire avant de rendre un texte : oublier le changement de sujet (quiero que + indicatif), utiliser l'imparfait pour un événement ponctuel, mettre le futur après aunque pour une hypothèse, confondre ser, estar et hay, écrire para que + infinitif. Pense aussi à vérifier les accents des formes du prétérit (organizó, decidió, habló).

Bilan : quel outil pour quelle intention ?

IntentionStructureRègleExemple
Décrire un état actuelPrésent de l'indicatifLieu, personnes, habitudes présentesLa plaza tiene una fuente.
Poser le décor d'un récitImparfaitDescription, action en cours, habitude passéeLlovía y había poca gente.
Raconter un événementPrétéritFait ponctuel, terminé, qui fait avancer le récitLlegó el alcalde.
Vouloir une action du même sujetquerer + infinitifUn seul sujetQuiero participar.
Vouloir l'action d'un autrequerer que + subjonctifSujets différentsQueremos que vengan los vecinos.
Exprimer un butpara + infinitif / para que + subjonctifMême sujet : infinitif ; sujets différents : subjonctifEscribimos para que nos escuchen.
Concéder un fait avéréaunque + indicatifFait réel ou affirméAunque llueve, salimos.
Concéder une hypothèseaunque + subjonctifFait futur, incertain ou imaginéAunque llueva, saldremos.

À retenir

  • Le présent sert à décrire une situation actuelle ; l'imparfait pose le décor au passé ; le prétérit fait avancer le récit avec des événements terminés.
  • Avec querer que et para que, on utilise le subjonctif quand les sujets sont différents et l'infinitif quand le sujet est le même.
  • Le subjonctif présent se forme à partir de la forme yo : -ar prend -e, -er et -ir prennent -a (venga, haga, organice).
  • Aunque + indicatif présente un fait avéré ; aunque + subjonctif présente une hypothèse ou un fait incertain.
  • Le subjonctif n'est pas synonyme d'irréel : il marque la non-assertion et peut concerner des faits réels ou possibles.
  • Dans une production, on choisit les structures selon l'intention de communication, puis on relit les sujets, les modes et les temps.

Fiche de révision : mobiliser la grammaire en situation

Décrire

présent (es, está, hay, tiene) ; se demander si l'on parle d'identité, de situation ou d'existence.

Raconter

imparfait pour le décor et les actions en cours (llovía, había) ; prétérit pour les événements enchaînés (llegamos, abrió, dijo).

Prétérits irréguliers à connaître

fue, hizo, dijo, tuvo, estuvo, pudo, vino.

Volonté

même sujet, quiero participar ; sujets différents, quiero que participes.

But

même sujet, para informar ; sujets différents, para que todos vean.

Subjonctif présent

yo + inversion de voyelle (-ar : -e ; -er et -ir : -a) ; vigilance sur organice, busque, tenga, haga, venga.

Aunque

indicatif pour un fait réel (Aunque llueve), subjonctif pour une hypothèse (Aunque llueva mañana).

Le mode n'est pas un indicateur de réel ou d'irréel : il traduit la position du locuteur.

Avant de rendre un texte

sujets, modes, temps, accents, accords.

Questions fréquentes

Le subjonctif espagnol sert-il seulement à parler de ce qui n'existe pas ?

Non. Le subjonctif marque que le locuteur n'asserte pas le contenu : il le souhaite, le demande, le vise ou le commente. On l'emploie pour un fait réel (Me alegro de que hayas venido) comme pour un fait possible (Quiero que vengas).

Pourquoi dit-on Quiero participar et non Quiero que participo ?

Quand le sujet est le même pour les deux verbes, l'espagnol emploie l'infinitif. On n'emploie que + subjonctif que si le second verbe a un autre sujet : Quiero que participes.

Faut-il toujours le subjonctif après aunque ?

Non. En seconde, on retient que l'indicatif s'emploie pour un fait réel ou affirmé (Aunque hace frío, salimos) et le subjonctif pour une hypothèse ou un fait futur incertain (Aunque haga frío mañana, saldremos).

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