Subordination complétive
Ce qu'il faut comprendre
Quand tu parles ou écris, tu as souvent besoin de rapporter ce que quelqu'un dit, pense, croit, ou de donner une opinion. Par exemple : « Je pense que tu as raison. » La partie « que tu as raison » est une proposition subordonnée complétive. Elle complète le verbe « pense » en apportant l'objet de la pensée. Sans elle, la phrase serait incomplète. Les subordonnées complétives sont donc essentielles pour exprimer des idées, des sentiments, des jugements.
Les notions essentielles
Qu'est-ce qu'une subordonnée complétive ?
C'est une proposition qui dépend d'un verbe (ou d'un nom, d'un adjectif) et qui joue le rôle de complément essentiel (souvent COD). Elle est introduite par la conjonction de subordination « que » (ou « ce que », « à ce que », « de ce que »).
Exemple : « Je souhaite que tu viennes. » → « que tu viennes » est COD de « souhaite ».
Les verbes qui introduisent une complétive
- Verbes de déclaration : dire, affirmer, déclarer, annoncer…
- Verbes d'opinion : penser, croire, estimer, juger…
- Verbes de sentiment : aimer, détester, regretter, souhaiter…
- Verbes de perception : voir, entendre, sentir… (attention : parfois suivis d'une infinitive)
- Verbes impersonnels : il faut que, il est important que, il semble que…
La négation dans la complétive
La négation peut porter sur la subordonnée ou sur la principale. Exemple : « Je ne pense pas qu'il vienne. » (négation dans la principale) / « Je pense qu'il ne viendra pas. » (négation dans la subordonnée).
L'interrogation indirecte
Quand la complétive exprime une question, on parle d'interrogation indirecte. Elle est introduite par « si » (pour une question totale) ou par un mot interrogatif (qui, que, quoi, où, quand, comment, pourquoi). Exemple : « Je me demande s'il viendra. » / « Il demande qui est venu. »
Les accords
Le verbe de la subordonnée complétive s'accorde avec son sujet. Attention aux sujets éloignés ou aux propositions enchâssées. Exemple : « Il faut que les élèves travaillent. » (sujet « les élèves » → verbe au pluriel).
Méthode
Pour analyser ou construire une subordonnée complétive, suis ces étapes :
- Repère le verbe principal (ou le nom, l'adjectif) qui introduit la complétive.
- Identifie le mot subordonnant : souvent « que », mais aussi « ce que », « à ce que », « de ce que », ou un mot interrogatif.
- Vérifie que la subordonnée est essentielle : si tu la supprimes, la phrase devient incorrecte ou change de sens.
- Analyse la fonction : la complétive est généralement COD du verbe principal, mais peut aussi être sujet (ex : « Qu'il vienne est une bonne idée. ») ou complément du nom (ex : « l'idée qu'il vienne »).
- Accorde le verbe de la subordonnée avec son sujet.
Exemple corrigé
Phrase : « Le professeur annonce que les résultats seront publiés demain. »
- Verbe principal : « annonce » (verbe de déclaration)
- Subordonnée : « que les résultats seront publiés demain »
- Mot subordonnant : « que »
- Fonction : COD de « annonce » (on annonce quoi ? → que les résultats…)
- Sujet de la subordonnée : « les résultats » (3e personne du pluriel)
- Verbe de la subordonnée : « seront publiés » (futur simple, 3e personne du pluriel, accord avec « les résultats »)
Correction : La phrase est correcte. Si on supprime la subordonnée, on obtient « Le professeur annonce » → phrase incomplète, donc la subordonnée est essentielle.
Erreurs fréquentes
- Confondre complétive et relative : La relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où) et a un antécédent. La complétive n'a pas d'antécédent. Exemple : « Le livre que j'ai lu » (relative) vs « Je pense que tu as lu » (complétive).
- Oublier le « que » : Dans une complétive, le « que » est obligatoire. On ne dit pas « Je pense tu as raison ».
- Mauvais accord : « Il faut que tu viennes » (et non « vienne »). Le sujet « tu » impose la 2e personne.
- Interrogation indirecte mal construite : On ne dit pas « Je demande est-ce qu'il vient » mais « Je demande s'il vient ».
- Négation mal placée : « Je ne pense pas qu'il vienne » (subjonctif après une négation) – attention au mode.
À retenir
- La subordonnée complétive est introduite par « que » (ou un mot interrogatif) et complète un verbe, un nom ou un adjectif.
- Elle est essentielle au sens de la phrase.
- Elle peut être COD, sujet ou complément du nom.
- Attention à l'interrogation indirecte (avec « si » ou un mot interrogatif) et à la négation.
- Le verbe de la subordonnée s'accorde avec son sujet.
Pour s'entraîner
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